Franck Rocca : Pourquoi il est devenu multimillionnaire après avoir raté ses études

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Transcription texte de l’interview

Bienvenue dans ce deuxième épisode du podcast des Rebelles Intelligents.

Dans ce nouveau podcast, je vous le rappelle, je partirai à la rencontre des iconoclastes, des rebelles, des personnes qui créent l’aventure de leur vie, ceux qui sortent des sentiers battus pour tracer leur propre chemin.

Je les interviewerai pour comprendre :

  • Comment ils ont vécu leur passage dans le système scolaire. Vous verrez que ce sera soit mal, soit comme un neutrino.
  • S’ils se sont toujours sentis différents et comment ils ont cultivé cette différence.
  • Comment ils ont réussi à écouter la petite voix qui est en eux et qui leur criait qu’il y avait autre chose dans la vie que « passe le plus grand diplôme que tu peux, puis fais du métro-boulot-dodo pendant 40 ans, avant de peut-être commencer à profiter de la vie quand tes plus belles années sont derrière toi ».
  • Et au final, comment tirer votre épingle du jeu en tant que rebelle intelligent pour créer la vie que vous méritez et vous épanouir dans un projet qui vous transforme, qui vous passionne et qui crée de la valeur pour le monde.

Dans cet épisode, nous allons rencontrer un entrepreneur multimillionnaire qui a aussi été athlète de haut niveau dans deux sports très différents, avec un parcours très atypique.

Chers Rebelles Intelligents, partons à la rencontre de Franck Rocca.

<Générique>

Olivier Roland : Salut Franck.

Franck Rocca : Yes, hello.

Olivier Roland : Comment ça va ?

Franck Rocca : Bien et toi ?

Olivier Roland : Tu as la pêche.

Franck Rocca : Au top, comme d’hab.

Olivier Roland : Donc Franck, là, on est là actuellement à Dubaï, on est chez moi. Toi, tu habites juste à côté d’ici. On s’est rencontré il y a déjà quelques temps et le fait qu’on soit tous les deux à Dubaï, cela nous a permis de nous connecter encore mieux. Tu as été athlète de haut niveau dans deux disciplines différentes. Tu es aujourd’hui un entrepreneur à succès, tu es multimillionnaire et tu as un parcours assez atypique et j’ai voulu justement qu’on en parle, je me suis dit que ce serait parfait pour le podcast des Rebelles Intelligents

Franck Rocca : Yes, avec plaisir.

Olivier Roland : Et donc, première question, c’est : est-ce que tu as l’impression d’avoir une vie atypique ?

avoir une vie atypique avec franck rocca

Franck Rocca : Oui, complètement. Complètement. Déjà parfait, parce que je pense que la personnalité que l’on se crée en étant athlète, on est là pour l’excellence, on n’est là que pour la première classe, du coup, déjà, cela nous crée un mindset différent de la population. De par ce fait, je suis obligé d’être différent dans ma vie de tous les jours parce qu’on a cette âme de performeur.

Olivier Roland : Donc, tu veux dire que déjà dans ton ADN, tu avais cette idée d’être différent parce que tu devais être premier et tout le monde n’est pas premier.

Franck Rocca : C’est cela. Mais je vais aller un peu plus loin, il y a quelques années, je devais avoir 34-35 ans, mon père a digitalisé les Super 8 pour ceux qui connaissent de ton audience, donc les anciennes caméras, et toute ma vie, j’ai été bercé par le fait que c’est mon père qui m’a toujours poussé à me faire mal, à aller loin, être dans l’extrême, etc.

Et en fait quand j’ai vu cette vidéo, j’avais – je crois – 3 ans-3 ans et demi. On était dans le jardin dont on habitait, il y avait un abricotier en naissance, on va dire, il n’avait pas un énorme tronc. J’étais là et je tapais à mains nues et à pieds nus dedans pour le casser. Alors, je n’avais pas sur le cerveau de « je voulais casser un arbre », ce n’est pas le débat. Et toute ma vie, je pensais que c’était mon père qui me disait « Fils, vas-y, tape plus fort », etc. puisque mon père est 5e dan de karaté, donc il en faisait et il m’avait un peu inculqué cette force de caractère. Et en fait, toute ma vie, je me suis dit que c’était mon père alors que c’était moi dans la vidéo, on le voit, c’est moi-même. J’ai dit « Non, mais papa, je ne me fais pas mal, ça va aller ». Je continue, je continue, donc j’ai les mains, je saigne, les pieds… Je fais ce qu’on appelle des Oshiro Mawashi, c’est le coup de pied sauté, machin, etc.

Olivier Roland : Contre un tronc d’arbre ?

Franck Rocca : Contre un tronc d’arbre.

Olivier Roland : Ça doit faire mal quand même.

Franck Rocca : Du coup, toute ma vie, j’ai été bercé « c’est mon père qui m’a donné ça ». En fait, non, je l’avais vraiment dans mon ADN de ma naissance et ce côté casse-cou, ce côté extrême, ce côté ça n’a pas forcément changé ma vie, simplement de me dire que j’ai compris certaines décisions que j’ai pu prendre dans ma vie et où j’ai été dans le sport, dans le côté « me pousser moi-même à toujours vouloir le meilleur, à aller chercher les limites de tout ». Et cela m’a apaisé.

Olivier Roland : Cela t’a apaisé ?

Franck Rocca : Oui, de savoir que c’était dans mon ADN en fait.

Olivier Roland : Ah, d’accord. Et tu as réalisé cela en regardant ces vieilles vidéos Super 8, parce qu’avant, tu pensais que c’était ton père qui avait été ton Obi Wan Kenobi

Franck Rocca : Parce qu’il a un caractère super dur. Pareil, il est très exigeant. Il m’a toujours inculqué qu’il faut travailler super dur, qu’il ne faut jamais rien lâcher, etc. Donc dans ma tête, c’est mon père, c’est mon père, c’est mon père. En fait, mon père, il a été plus « cool » que ce que je pensais toute ma vie.

Olivier Roland : Et lui, il a été athlète ?

Franck Rocca : Il a juste été toujours sportif, donc karatéka 5e dan. C’est quand même déjà un certain niveau, il en fait depuis qu’il a 18 ans. Et oui, vous avez vraiment ce sentiment de : où j’ai été cherché cette dureté avec moi-même ? Je pensais que c’était mon père qui me l’avait inculqué par effet collatéral, alors que non.

Olivier Roland : Est-ce qu’on peut avoir une vie atypique sans vouloir forcément être premier ?

Franck Rocca : Oui, bien sûr. Elle vient de ce côté-là parce que ça a bercé mon enfance puisque depuis l’âge de 4 ans, je fais du sport. Ils m’ont mis une raquette de tennis dans les mains, et depuis, je n’ai jamais fait on va dire une semaine de ma vie sans sport. Forcément, c’est toujours la première expression dont je parle, le sport, etc.

Mais au-delà de cela, toujours, j’aime bien parler de Biohacking, de LifeHacking, de ne jamais accepter au final le « non », de toujours aller chercher un « oui », de toujours aller chercher la réponse que l’on attend, de toujours aller chercher la solution que l’on souhaite et de ne pas se confronter à un problème qu’on appelle challenge sur notre audience.

Aujourd’hui, ce que je pense du côté atypique, c’est simplement de se dire qu’on n’a pas le droit de vivre une vie, je vais utiliser mon mot « moutonisé » par l’éducation, notre sacrée éducation qui n’a pas évolué en plusieurs siècles…

Olivier Roland : Alors, justement, c’est intéressant que tu parles de l’éducation parce que c’est un gros sujet pour moi dans mon livre « Tout le monde n’a pas eu la chance de rater ses études » et puis sur le podcast. Comment quelqu’un avec cet esprit-là a vécu le système éducatif ?

Franck Rocca : Très mal.

Olivier Roland : Très mal ?

Franck Rocca : Très, très mal. Déjà, pas forcément les premières années où tu n’as pas encore le cerveau pour être rebelle d’ailleurs, mais je pense que très vite déjà, dès la primaire, je pense que cela me gavait parce que je voulais faire du sport, je voulais être dehors, etc. On allait sur des chaises en bois à écouter un mec qui… alors, à l’époque, je ne disais pas encore cela, donc on arriverait un peu dans l’avancée de l’intro du témoignage, mais je n’étais pas bien.

Je n’étais vraiment pas bien. Je me revois puisque j’ai appris à me remettre ces passages-là de ma vie et je me revois vraiment « en souffrance », tu vois, à même pas vouloir aller discuter avec des gens dans la cour ou quoi que ce soit parce que ce n’était pas fait pour moi.

Et arrivé au collègue, là, il y a une certaine libération puisque tu es un peu plus âgé, tu peux y aller en vélo, en scooter. On en est un peu avec le lien de la moto… Et surtout, tu peux ne pas aller en cours sans que tes parents le sachent.

Olivier Roland : Ah bon ! Attends, il n’y avait pas les profs ou le directeur qui…

Franck Rocca : Ouais, mais oui, tu sais, les carnets de correspondance, les conneries, les si, les si, tu peux toujours hacker. En tout cas, je sais que… alors collège, peut-être un peu moins, mais lycée, c’est sûr que je n’y allais pas souvent.

Et oui, mon cartable, pour la petite histoire, il y a une anecdote que j’aime bien raconter. Donc, on avait un magasin de moto avec mes parents, enfin mon père et mon oncle, et mon cartable, il est resté toutes les années scolaires de l’âge de 14 ans à ce que j’aie le bac, on va dire, dans le garage tout simplement. Et il n’a jamais vu ma chambre, je n’ai jamais ouvert un cahier.

Olivier Roland : Donc, tu allais à l’école sans cartable.

Franck Rocca : J’y allais, il était là. Mais en fait, ce que je veux dire, c’est que je ne l’ouvrais pas le soir, je ne faisais pas les devoirs. Je me rappelle que les livres qu’on devait lire, je hackais déjà le système, et tu sais, tu avais les résumés des livres. En fait moi, je ne les achetais pas, je regardais le résumé du résumé, la quatrième de couv. et pour moi, j’avais lu le livre. Et voilà un peu comment j’ai hacké le système. Même une fois, j’ai fait lire un livre à mes parents à ma place.

Olivier Roland : Et ils t’ont fait un résumé.

Franck Rocca : Et ils m’ont fait un résumé.

Olivier Roland : Tu es trop fort, mais c’est énorme, tu as délégué à l’univers le fait de lire le livre, mais c’est génial. Du coup, avec cette vision de l’école et le fait que tu t’y sentais mal, tu avais des bonnes notes, tu étais un bon élève.

Franck Rocca : Alors, j’avais des bonnes notes jusqu’on va dire mi de collège, à peu près 5e-4e, quelque chose comme ça parce que je pense que c’était simplement la facilité, ce n’est pas très compliqué. Et après, c’est plus parce que je pense que j’avais plus de maturité pour me dire vraiment que ça ne me plaît pas et donc de faire de moins en moins d’efforts. Donc, j’ai redoublé la 3e. Après, je suis passé au lycée et c’est là où je me servais du dessin, du sport où j’avais 20/20 pour remonter un peu mes moyennes.

Olivier Roland : Tu avais 20/20 en dessin ?

Franck Rocca : En dessin et en sport.

Olivier Roland : Mais c’était un talent naturel ?

Franck Rocca : C’est cela, de mon père. Donc, je m’en suis servi pour augmenter mes points.

Olivier Roland : Le dessin, ce n’est pas un coefficient énorme, quoi.

Franck Rocca : Non. Mais ça fait toujours un peu plus. Mais, cela ne m’a pas empêché d’arriver au bac avec une moyenne au bac blanc de 3. Mais bon.

Olivier Roland : Oui, quand même, c’est une belle performance. Alors, toi qui veux toujours être premier, cela ne te chagrinait pas cela un peu ?

Franck Rocca : Non, parce que je savais que ce n’était pas fait pour moi. Pour moi, l’école n’est pas de l’excellence. Pour moi. Alors aujourd’hui, avec maturité, je ne me disais pas vraiment cela à l’époque, mais pour moi, l’école telle qu’elle est aujourd’hui ne sert à rien, mais vraiment.

Olivier Roland : Cela t’a quand même servi à… il faut apprendre à lire, à écrire et à compter quand même.

Franck Rocca : D’ailleurs cela, si on en revient là-dessus, là carrément, moi, ça a été les pires années de ma vie parce que je tombais sur une maîtresse d’école qui m’a anéanti, que mon père a failli même peut-être lever la main dessus. Je ne me rappelle plus exactement parce qu’elle m’a complètement défoncé en me disant que j’étais un cancre, que je n’arriverais jamais rien dans la vie, etc. Donc, je crois qu’on était là en CP, quelque chose comme cela, ou fin de maternelle, CP, CE1, et du coup, j’ai dû prendre des cours par une femme à côté… pour me redonner cette envie et m’apprendre à lire et à écrire. En fait, une maîtresse m’a complètement tué dans l’œuf.

Olivier Roland : C’était juste avec toi ou elle était quand même…

Franck Rocca : Apparemment, avec moi. En tout cas, dans ces classes-là, apparemment avec moi.

Olivier Roland : Tu étais sa tête de Turc.

Franck Rocca : C’est cela. Donc, j’ai eu aussi ce passage-là. Est-ce que cela a appuyé le fait que je n’aimais pas l’école ? Je n’en sais rien. Je ne peux pas te le dire, je n’ai pas cette réflexion-là. Mais en tout cas, il y a vraiment eu ce passage-là aussi où au final, j’ai dû aller chercher plus loin et hors de l’école pour apprendre à lire et à écrire.

apprendre à lire et à écrire seul enfant

Olivier Roland : Tu disais aussi que tu t’isolais un peu, que tu n’avais pas forcément envie de parler aux gens dans la cour de récré. Tu penses que tu étais plutôt asocial, tu étais plutôt… pas geek d’une certaine manière ?

Franck Rocca : Je ne sais pas. Geek, non, puisqu’on est quand même dans les années 80-81 début 90, donc je ne suis pas sûr. Par contre, sportif et donc oui, ma liberté, elle est à l’extérieur. C’était transpiré.

Olivier Roland : Tu avais quand même des amis dans tes activités sportives

Franck Rocca : Oui, bien sûr, j’en avais dans les activités sportives, on va dire, ceux de l’école, etc. Je n’allais pas forcément dans les anniversaires. J’en ai bien sûr, je n’étais pas à l’autre côté de la…

Olivier Roland : Tu n’étais pas autiste.

Franck Rocca : C’est cela. Je n’étais pas autiste, mais oui, je ne sais pas, il y a quelque chose qui me gênait en fait, vraiment. Je ne saurais pas le décrire puisque ces années-là, c’est compliqué de se rappeler exactement ce qui se passe. Mais en tout cas, je sais que je ne me sentais bien qu’à l’extérieur, hors scolaire et dans le sport. C’est vraiment là où je m’épanouissais complètement et d’ailleurs là, à cette période-là, je faisais du tennis où j’ai aussi atteint un certain niveau.

Olivier Roland : Tu veux dire à l’école primaire ?

Franck Rocca : Oui, de 4 ans à 13-14 ans, j’ai fait 10 ans de tennis et cela a été aussi une belle épopée avec aussi une belle…

Alors, aujourd’hui, je ne le reproche plus, mais je l’ai reproché à mes parents puisque j’avais un gros niveau également au tennis et je pense que j’aurais pu vraiment faire quelque chose, niveau ATP, etc.

Olivier Roland : C’est quoi ATP ?

Franck Rocca : ATP, c’est le classement des meilleurs mondiaux puisque j’ai été jusqu’au tournoi des petits as, donc ce sont les meilleurs français en moins de 11, moins de13 ans, je ne sais plus. Et en fait, ce qu’il y a, c’est qu’à un moment donné, tu as besoin de faire plein de tournois et mes parents, de par leur travail et/ou autre chose, ne prenaient pas le temps de pouvoir m’emmener le week-end dans ces tournois. Et donc j’ai pas dû arrêter, mais mon niveau est descendu parce que je ne pouvais pas aller aux compétitions, je ne pouvais pas me faire emmener…

Donc, pendant longtemps, je leur en ai voulu. Maintenant, c’est fini, tu mûris… mais oui, cela a été un gros passage de ma vie qui fait chier.

Olivier Roland : Cela, tu en as souffert, mais est-ce que tu en as souffert de ton statut un peu particulier dans le système scolaire ? En général, les gens qui sont un peu asociaux, qui sont un peu différents, leurs enfants peuvent être très cruels, tu n’as pas été le souffre-douleur de la classe ou… ?

Franck Rocca : Je ne crois pas. Comme on peut le voir peut-être maintenant aujourd’hui où ça va encore beaucoup plus loin avec les réseaux sociaux, je ne pense pas avoir été quelqu’un « battu » ou qu’on crache dessus ou je ne sais quoi, je ne pense pas, mais…

Olivier Roland : Cela peut être simplement psychologique de dire…

Franck Rocca : Oui, mais je ne me rappelle pas. Je n’arrive pas à me rappeler de cela. En tout cas, je sais que de par le fait que je n’aimais pas l’atmosphère, l’école, forcément je pense que mon être, l’énergie que je diffusais, ne donnait pas envie non plus aux gens de « m’aimer ». Donc, je ne saurais pas dire si j’étais un souffre-douleur, en tout cas, je n’étais pas en gros le mec à être pote avec.

Olivier Roland : Donc, tu dis que quand même tu as réussi à avoir le bac, ce qui est quand même beau parce que moi, j’ai un bac moins 2, j’aime bien dire cela. Du coup, tu as fait quoi après le bac ?

Franck Rocca : J’ai fait du sport. En fait vraiment, là, si on le fait juste un peu avant, mes parents m’ont même envoyé en internat.

Olivier Roland : Mais comment tu as fait pour avoir le bac en ayant 3 au bac blanc ?

Franck Rocca : Si tu veux, je te le raconte en très court. Seconde, première, terminale, l’école, ce n’est vraiment pas pour moi. J’étais même une année en internat. Et la terminale, là où j’ai 3 au bac blanc et, je ne sais pas, 3-4 mois avant le vrai bac, donc j’avais une option qui était électronique et cette année-là, c’était pour apprendre les appareils pour faire le carrossage et le parallélisme des voitures. Tu sais, sur les roues avant, tu as le carrossage et le parallélisme.

Olivier Roland : Mais c’est un bac spécialisé alors, technique ?

Franck Rocca : Un bac technologique, je ne sais plus trop quoi. Et c’était coef 9.

Du coup, j’ai un pote à moi qui était super bon et la veille du bac, du vrai bac cette fois-ci, pour tenter d’avoir plus que 3 pour mes parents puisqu’ils m’avaient obligé à avoir le bac, sinon ils me faisaient rester à l’école, on était dans sa maison, il y avait une piscine… donc il y avait deux cartes, et en fait, la carte sous mes mains, le carrossage, elle était grande, il y avait plein de trucs dedans, je ne comprenais rien et l’autre, le parallélisme, elle était beaucoup plus petite. Déjà, par hack, je vais prendre la plus petite, il y a moins de choses à apprendre.

Donc, on est dans sa piscine, il me la raconte en quelques minutes, etc. en mode rien du tout. Je dis « Ok, je sais à quoi elle ressemble. Il y a des dessins, Ok. Je pourrais peut-être la dessiner, mais c’est tout. »

Mais je me rappellerais toute ma vie de cette scène-là, c’était à Albert Camus à Fréjus, et je rentre dans cette salle, à l’époque, c’était les vidéoprojecteurs avec les trucs transparents que tu mets et que cela se rediffuse sur le tableau. Et là, je vois les 3 ou 4 personnes de l’académie. Et elles me disent « Tu peux choisir ta carte ».

Et donc, je choisis, sauf que comme un con, en choisissant, je me trompe de carte. Je mets la mauvaise (celle où il y a plein de trucs dessus) dedans. Et là, j’allume le projecteur et je me retourne « je peux changer ? » « Non, c’est bon, maintenant garde celle-là ». Et là, j’ai une fraction de seconde, je me rappellerais toute ma vie cette scène-là, je dis « Écoutez, allez salut, je ne comprends rien. Dégagez, je rentre chez moi ».

Et là, je vous jure, je jure à tous ceux qui entendent cela, je me suis retourné face au tableau pour regarder la carte et là, ma bouche s’est mise à parler de en haut à gauche à en bas à droite de la carte. Je me suis retourné, ils étaient presqu’en mode comme dans les cartoons, la bouche ouverte, et là, ils m’ont dit « On voulait te poser des questions, mais tu nous as tout très bien expliqué, on va en poser juste une ». Je ne sais plus laquelle c’était, et ils m’ont dit « Ok, super, merci, belle prestation ».

Et là, je m’en rappelle, alors je ne suis pas du tout croyant, je suis sorti de la salle, il y avait mon principal qui m’a insulté toute l’année et que j’ai insulté, etc. qui était en face. Donc là, je lève les yeux au ciel en mode « Merci Dieu » alors que je ne suis pas croyant… Là, il me dit « Comment ça s’est passé ? » « Écoute, apparemment, cela s’est bien passé ». Résultat, je suis sorti avec la meilleure note de l’académie.

Olivier Roland : Et tu as eu combien ?

Franck Rocca : 17.

Olivier Roland : Et comment tu expliques cela ?

Franck Rocca : Je n’en sais rien. Je ne sais pas, je ne sais pas 20 ans après.

Olivier Roland : Il y a ton inconscient qui avait intégré les infos et qui t’a aidé. C’est dingue ça.

Franck Rocca : Certainement, ce côté de… En fait, oui, j’étais là sans être là. Mes parents m’ont obligé à avoir le bac pour… et en plus le bac, c’était ma carotte pour, en gros, faire ce que je voulais, donc notamment aller à 100% dans la moto, qui était à l’époque « je mangeais, je dormais, je vivais moto ». Peut-être que mon cerveau s’est mis en mode « Ok, Franck, tu veux vraiment faire ta moto ? Aie le bac et fais un truc de dingue ».

Et pour te dire, ça, c’était avant les épreuves de philo, c’est la première la philo, tu as le proviseur qui est venu me voir, qui m’a tapé sur l’épaule, il fait « Monsieur Rocca, vous savez très bien que pour vous, l’école, machin… par contre vous avez fait une belle prestation, donc continuez ainsi ». Et en philo, je ne sais plus ce que c’est le sujet, j’ai raconté cette histoire.

Olivier Roland : Et tu as eu une bonne note ?

Franck Rocca : Non, j’ai eu 2.

Olivier Roland : Tu ne peux pas gagner à tous les coups. Mais tu as eu la moyenne au bac.

Franck Rocca : Je crois que j’ai eu 10,9 ou 11,9.

Olivier Roland : 10,9. Ok. Ce n’est pas 19.

Franck Rocca : Non, quand même pas.

Olivier Roland : Donc, voilà. Si tu as 17, elle est la meilleure, la plus importante.

Franck Rocca : C’est ça, 20 en sport, 20 en dessin. En maths, c’était un truc où je ne sais pas pourquoi, mais je savais que cela allait me servir plus tard et oui, dans le business, cela nous sert, donc j’avais aussi une bonne note, j’ai dû avoir 14. Après, tout le reste par contre, pourri.

Olivier Roland : C’est vraiment intéressant parce que tu sais que le tout premier épisode de ce podcast, c’était avec Chris de Poisson Fécond. Il a raconté aussi comment il a hacké le système, il a révisé son bac la veille, non, le matin même. C’est vraiment intéressant de voir la convergence de stratégie et tout cela.

Ok, tu as ton bac et tu te consacres à la moto parce qu’on a dit que tu avais été champion de très haut niveau dans deux disciplines, donc il y avait la moto, nos auditeurs ont pu le comprendre maintenant.

Franck Rocca : Tout à fait. Et là, en fait, c’est ça. Quand j’ai eu mon scooter, enfin l’âge du scooter, 14 ans, mon père dans ces années folles avec toute la famille… donc là, on est dans les années 70, ils étaient là à ce qu’on appelle « gonfler les moteurs ». C’était pour qu’un petit moteur 56m3, les bleus, les mobylettes, etc., tu puisses aller plus vite.

Ils avaient un peu ce hack de moteur. Et d’avoir l’âge du scooter, mon oncle et mon père, ça leur redonnait un coup de jeunesse. Ils se sont dit : « Tiens, on va monter un magasin de motos et on va faire cela, un magasin de scooters au départ… ». Du coup, on s’est mis à faire ça. Moi, cela m’a donné encore plus la fibre de la moto que j’avais déjà dans mon sang et pendant des années, ça m’a juste bercé que mon père ait un magasin. En plus, on a vu des clients qui ont démarré des championnats, tout cela.

On a été avec la famille à l’époque qui s’appelait la famille Gimbert, c’était un des seuls français qui avait été au Championnat du monde, tout cela. Bref, cela m’a juste donné l’inspiration de « Ok, je vais le faire à fond ». Donc, là, le bac m’a donné la carte liberté de mes parents de « vas-y, fais ta life ». Et à partir de là, je ne faisais que de la moto, je ne pensais que moto. C’était vraiment que cela, que cela, que cela.

Olivier Roland : Et tu avais l’ambition d’être un champion.

Franck Rocca : J’ai eu le statut de toute façon déjà puisque pour être statut de haut niveau, il faut déjà avoir des résultats, etc. Et justement, l’année où je pouvais être titré Champion de France, et donc passé au Championnat d’Europe, j’avais même un guidon potentiel en Espagne qui est la meilleure nation au monde, après normalement, quand tu es en Espagne, dans les deux à trois ans qui suivent, tu vas au Championnat du monde, en fait là ce qu’il y a, c’est que j’ai eu une chute qui m’a enlevé ma première place et enlevé le guidon.

Quand je dis « enlevé le guidon », c’est que forcément tu as plusieurs mois de rééducation, la saison est redémarrée.

Olivier Roland : Tu as eu une blessure.

Franck Rocca : Une grosse blessure, une grosse chute. Et en fait, tout s’est arrêté.

J’essaie de la faire très, très courte l’histoire. Mais en même temps que cette chute-là, je passais mon brevet d’État d’éducateur sportif aux activités de la moto, motocycliste. Et je devais être associé avec Sébastien Gimbert, un des seuls à avoir fait le Championnat du monde, les grands prix MotoGP, pour ceux qui connaissent aujourd’hui MotoGP. Là en fait, lui, il devait avoir le nom et moi, le diplôme puisque lui, « il ne voulait pas retourner à l’école ».

Et là pareil, le diplôme, il fallait d’abord passer un brevet fédéral en moto de cross dans la forêt, sauf que moi, j’avais un bras dans le plâtre… donc, ce n’était pas très grave. J’y ai été. J’ai été dans la forêt et le coach de la formation me dit « Écoute Franck, je te connais, blabla, mais au niveau des assurances, je ne peux pas prendre la responsabilité de te laisser faire si tu retombes sur ton bras. Il faut que j’aille voir le directeur ».

Je fais « Non, mais s’il te plait, ne fais pas cela. » Donc, déjà en train de vouloir psychologiquement le hacker. « Non, mais qu’est-ce que tu veux ? Je fais tout pour toi. Je te fais le ménage ». Je ne sais plus exactement ce que j’ai dit, mais je suis vraiment allé le chercher. Finalement, je suis obligé d’aller le voir et le directeur m’a dit « Non, on ne peut pas le prendre. Merci, au revoir Monsieur Rocca. » Donc là, ma vie s’est anéantie.

surmonter les obstacles et les échecs de la vie

Olivier Roland : Et tu avais quel âge ?

Franck Rocca : J’avais 19 ans.

Olivier Roland : Parce que cela faisait la deuxième fois quand même que tu avais une ambition importante dans un sport et que c’était arrêté à cause de circonstances qui étaient indépendantes puisque tu avais le tennis juste avant. Qu’est-ce que tu as ressenti à ce moment-là ?

Franck Rocca : Là, autant à 10 ans, 11 ans, 12 ans, je n’avais pas cette maturité de cerveau et/ou la possibilité d’avoir un blackout, on va dire, dans la vie. Autant celle-là, tu as 19 ans, tu as la voiture, tu as le machin, etc., autant là, cela a été un très gros trou noir pendant… là, on parle à peu près octobre jusqu’à mars-avril de l’année suivante où là, j’ai fait tous les excès de la vie. Je touche ma tête. Je n’ai pas été dans la drogue, la seule chose que je n’ai pas touchée, sinon je pense que je ne serais pas ici aujourd’hui pour vous en parler puisque j’ai tout fait dans l’excès. J’étais gris, c’était toutes les nuits dehors, c’était de l’alcool…

Olivier Roland : Et tu vivais dans le sud de la France.

Franck Rocca : C’est cela, qui en plus optimise le côté junkie. Et donc, oui, là vraiment, je m’en fous de la vie, ça ne sert à rien de toute façon puisque j’étais deux fois que je… machin. Ma vie est plantée puisque de toute façon, je ne peux pas être champion, je ne peux pas avoir l’école de pilotage. Enfin bref, ma vie, ce n’était que de la moto. L’école, je m’en branle, je n’ai pas envie d’être salarié, je veux faire de la moto, je veux être champion.

Olivier Roland : D’ailleurs, juste une parenthèse, comment tu gagnais ta vie à ce moment-là ? Comment tu payais ? Parce que cela te coûte cher quand même de faire la moto à ce niveau-là.

Franck Rocca : Tout à fait. Alors déjà là, pareil, et c’est là où j’ai commencé à ma geekerie, on va dire. Toi, tu dois te souvenir de Flash. Et donc, du coup, j’avais fait mon premier dossier de sponsoring avec une animation Flash.

Olivier Roland : Oui, donc par la technologie Flash. Cela permettait de faire des animations sur les sites web.

Franck Rocca : C’est cela. J’avais fait, c’est une sorte de PowerPoint animé pour ceux qui ne connaissent pas la Flash, qui n’existe plus de toute façon. Maintenant, c’est peut-être l’HTML 5. J’avais fait cela et j’avais eu mon premier sponsor grâce à cette présentation. Et après, je cherchais à droite et à gauche des…

Olivier Roland : Donc, c’est une entreprise locale.

Franck Rocca : Celle-ci, oui, plus ou moins locale. Et après, avec le magasin de mon père, on tentait d’avoir avec les marques déjà qu’on représentait un casque offert, des-ci, des-là. Sauf que ce n’était pas monétaire. A un moment donné, il faut de l’argent. Il faut quand même plusieurs dizaines de milliers d’euros sur les premières saisons, et après, c’est même 100, 200, 300 000 €.

Donc là, qu’est-ce que je faisais ? J’étais intérimaire à droite, à gauche, j’étais vraiment opportuniste. Là où je pouvais gagner beaucoup d’argent en très peu de temps, j’allais parce que je n’avais pas de temps et qu’il me fallait de l’argent pour cela. En gros, je travaillais des nuits, je travaillais des week-ends, je travaillais dans des usines. J’étais dans des carrières à conduire des poids lourds puisque c’est privé, tu n’as pas besoin d’avoir…

Olivier Roland : Tu prenais tout ce que tu pouvais faire.

Franck Rocca : Oui, parce que c’était super en paie, des trucs dangereux en fait. Je prenais les trucs dangereux puisque forcément les paies étaient meilleures en intérim. Donc, dans des carrières à conduire sur un 32 tonnes, 38 tonnes, où le chemin, tu as quoi ? Tu as 10 cm à droite, 10 cm à gauche. J’ai 19 ballets, cela fait un an que j’ai mon permis, tu vois, parce que cela payait.

Olivier Roland : Intéressant. C’est intéressant parce que tu n’avais pas cette démarche entrepreneuriale, tu ne voulais pas créer de business. Tu n’avais pas cette idée de créer de business, mais tu avais cette idée d’aller chercher les hacks, toujours le meilleur ratio entre l’énergie dépensée et les résultats.

Franck Rocca : C’est cela.

Olivier Roland : Et finalement, on voit aussi que tu as aussi cette… parce que la moto, c’est quand même… le tennis, ça va, mais la moto, c’est quand même un sport assez dangereux. Je veux dire, tu fais des virages à 300 à l’heure en étant à ça du sol, on est d’accord ? D’ailleurs, c’est comme ça, je suppose, que tu as fait ta chute.

Franck Rocca : Il y a vraiment deux chutes en moto. C’est soit tu perds l’avant et celle-ci tu glisses, tu as la combinaison. Je tombais déjà plein de fois comme ça, tu n’as jamais rien la plupart du temps. Et tu en as une autre, c’est en entrée de virage, enfin entrée et sortie de virage, où quand tu vas accélérer trop tôt, en fait la roue, elle est trop sur l’angle, la roue arrière, du coup, elle va patiner. Et elle perd l’adhérence et quand elle raccroche, tu montes en l’air. Et là, tu montes. Quand tu redescends, c’est ce que j’ai fait, c’est soit scaphoïde, soit la clavicule. Moi, c’était le scaph avec plein de choses, mais c’est la grosse chute de la moto. D’ailleurs, sur les motos GP, il y a vraiment deux styles de chutes (à part s’il n’y a pas une percussion) ce sont celles-ci.

Olivier Roland : Du coup, est-ce que tu as une certaine attirance pour le danger naturellement ?

Franck Rocca : Pour ceux qui connaissent l’ennéagramme, je suis donc 3 et 6 contrephobiques.

Olivier Roland : Mais non, pas forcément parce que c’est quelque chose d’assez spécialisé. Donc, qu’est-ce que c’est l’ennéagramme ?

Franck Rocca : Alors, je ne saurais pas le dire parce que justement je ne suis pas un spécialiste. Mais en gros, c’est un peu des tests de personnalité et psychologique. Il y en a plein : il y a la MBTI, il y a l’ennéagramme. Et dans les chiffres de l’ennéagramme, on est un peu tous les chiffres, mais on a surtout deux qu’on appelle points plus forts. Et donc moi, le 3, c’est le performeur, c’est l’entrepreneur, c’est le gagnant, c’est le numéro 1, etc. Et après, le 6 contrephobique, cela veut dire qu’en fait, je fais beaucoup de choses à l’encontre de ce que les gens ont peur.

Nager avec les requins blancs, c’est ce que je veux faire dans ma vie, mais pour l’instant, mes parents ne veulent pas, donc je les écoute encore. Tout cela. Je l’ai en moi. En moi, c’est là. L’ennéagramme, on ne peut pas le tromper. Je ne suis pas 2, je ne suis pas 8, je ne suis pas machin, je suis 6 contrephobique, c’est j’y vais. Dès qu’il y a un danger, cela m’excite et j’ai besoin de cela pour me sentir vivant.

Olivier Roland : Donc, tu as à cette époque 19 ans où tu fais tous ces boulots dangereux et ton rêve s’effondre. Et tu dis que tu as l’impression que ta vie est foutue, donc tu noies ton chagrin dans la fête, dans l’alcool. Comment tu sors de cela ? Qu’est-ce qui se passe ?

Franck Rocca : Pareil, je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Je crois me souvenir que c’est la mère de mon meilleur ami qui me tend un journal ou qui, à tous les deux, nous dit « cela ne vous dirait pas d’être pompiers cet été, sauveteurs aquatiques ? » Ok. Je ne sais pas.

Je ne sais pas pourquoi, donc je vois, je me rappelle de cet article dans le journal. Il y avait écrit « Devenez sauveteur aquatique chez les sapeurs-pompiers de Fréjus Saint-Raphaël ». Et là, je ne sais pas pourquoi, je fais « Ok, Go, j’appelle », c’était je ne sais pas le samedi d’après dans la piscine de Fréjus. Je n’avais jamais nagé en soi. Oui, j’habite sur la Côte d’Azur, je sais avancer dans l’eau, on va dire, mais je n’ai jamais fait de compétition, rien du tout, la natation.

Donc là, j’allais à la piscine pour faire des tests. Je ne sais plus ce qu’il y avait. Il y avait, je ne sais pas, 200 mètres, 400 mètres palmes ou des trucs comme cela, je ne m’en rappelle plus, et je passe les premières sélections. Super. Et en plus, sur les Côtes d’Azur, en tout cas, c’est une des seules en France où pour être sauveteur, tu dois avoir ton statut de pompier volontaire. Normalement un sauveteur, tu as juste à avoir le BNSSA qu’on appelle. Donc là, tu as plusieurs diplômes à passer pour être pompier et sauveteur avec eux.

Et là, je passe le premier, je passe le deuxième, le troisième, le quatrième. Je passe le permis bateau puisque pareil, ils l’obligent et je me retrouve en juin pompier volontaire, sauveteur aquatique sur Fréjus Saint-Raphaël. Et cela m’a redonné goût à la vie puisqu’on repart dans, pas forcément un danger, mais au final, tu vas sauver la vie des gens qui sont en danger, un côté quand même extrême. C’est une sensation de servir à quelque chose malgré tout ce côté goût du sport, les pompiers, ils sont quand même des sportifs, pas tous, mais ceux qui sont jeunes… ils le sont.

Cela me redonne goût. Et pareil, en un claquement de doigts parce que la natation, parce que je ne sais pas, cela me plaît de faire ce genre de chose, je me dis « Ok, pourquoi ne pas devenir entraineur de natation ? » Donc, je m’inscris pour passer le même diplôme que la moto, le brevet d’État, mais cette fois-ci éducateur sportif aux activités de la natation.

Olivier Roland : Et là, tu t’imaginais déjà être champion ou pas ?

Franck Rocca : Là, c’est différent. Là, c’est en tant que diplôme, mais pas forcément en tant que compétiteur. Et même justement après, j’ai appris qu’il fallait avoir des super temps.

Donc là déjà, les qualifications, les temps sont extrêmes. En plus, pour l’anecdote, la première fois où j’étais avec un ami à moi, on se dit « Ok, on va y aller ». En fait la nuit, puisque pareil, c’était pour gagner plus d’argent, la nuit, j’étais aussi serveur en boîte de nuit. Je travaillais et je faisais la journée des choses pour gagner de l’argent, et la nuit aussi puisque serveur, cela paie super bien surtout avec les tips en boîte de nuit. Donc là, on travaillait la veille.

Olivier Roland : Et tu dors quand ?

Franck Rocca : Quand j’étais jeune, je ne dormais pas souvent et je ne sais pas comment je faisais.

Et du coup, on rentre, on était sur Saint-Tropez à la boîte de nuit, donc on rentre. On arrive donc de toute la nuit, à cette époque-là, je buvais encore de l’alcool, etc. Et là, on arrive. Mon pote, en plus, il fumait. Bref, l’anecdote, c’est juste dingue, il me donne son paquet de clopes parce qu’il a oublié quelque chose dans la voiture. J’arrive, le mec est défoncé, le paquet de clopes à la main dans un truc sportif. Le mec, il me fait : « Vous allez où ? Vous me prenez pour qui ? La clope, le machin, la tête… ».

Et bref, forcément ne pas manger, enfin toutes ces conneries-là, donc là, on y pète dans l’eau, c’est-à-dire qu’on monte, on est en lactique, on a les muscles qui sont complètement serrés, cela ne marche pas. Donc là, on n’est pas qualifié. Et je me dis « ce n’est pas possible ».

Et il y avait une autre qualification dans une ville différente deux semaines après, là, j’y vais et je suis pris.

Olivier Roland : Parce que cette fois-ci, tu n’as pas picolé la veille. Tu n’es pas venu avec le paquet de clopes.

Franck Rocca : C’est cela. C’est vraiment une anecdote de dingue parce que déjà là, il y avait une détermination. Je n’avais sur le papier aucun signe que je pouvais être pris, mais la détermination de ce mindset qui m’a permis de trouver la solution « Ok, il y a une autre ville », là, je crois que c’était à Antibes et l’autre ville, c’était Aix-en-Provence, donc le deuxième, c’était à Aix-en-Provence. Et du coup, boum ! Et pourtant, il y avait des nageurs, il y avait des mecs qui envoyaient.

En fait, je l’ai joué pareil puisqu’au-delà de l’effort sportif, il y a un entretien psychologique, on va dire, et je l’ai joué là-dedans. C’est bon, voilà ce que j’ai fait dans ma vie, je vais tout défoncer, etc.

Donc, j’ai été pris puisqu’en plus, je crois qu’en gros, on était à peu près plus d’une centaine de personnes et à la finale, on n’était que 15, donc il y avait une sélection quand même.

Olivier Roland : Donc, tu es devenu prof de natation ?

Franck Rocca : Du coup, je suis rentré dans ce diplôme-là qui, lui, t’oblige à avoir un tronc commun, le tronc commun qui correspond à, à peu près, une licence de sport, deux ans d’études sportives en STAPS. Et après, tu as la partie spécifique pour devenir entraineur de natation. Donc, l’année d’après, 8-9 mois après, j’avais mon brevet d’État et donc j’étais entraineur de natation.

Olivier Roland : Et là, tu étais satisfait.

Franck Rocca : Et là, j’étais satisfait. Je l’avais eu, c’était cool et je savais que cela allait m’ouvrir d’autres horizons. Et je pense que cela a été aussi un déclic là de vraiment appuyer le fait d’être entrepreneur, en tout cas d’avoir mon propre business. Pourquoi ? Parce que sur la Côte d’Azur, peut-être pas à Lille chez toi, mais en tout cas sur la Côte d’Azur, le métier de maitre-nageur, il est double. C’est-à-dire que tu as vraiment le maitre-nageur que tout le monde connait en gros, un petit con assis sur une chaise, qui se branle et qui regarde des gens qui ne se noient jamais. Alors ça, c’est vraiment le côté, il faut arrêter cette chose de truc de merde, mais l’autre côté où tu vas apprendre à nager aux enfants. Et moi, je savais que sur la Côte d’Azur, cela fonctionnait très bien.

Olivier Roland : Donc, en tant qu’entrepreneur, tu as ton petit business.

Franck Rocca : Là, en tant qu’entrepreneur, c’est moi qui ai mon petit business. Tu as le droit en tant qu’entraineur de natation avec ce brevet d’État – Attention ! Pas le BNSSA, le brevet d’État – de pouvoir donner des leçons, soit dans ta piscine, soit où tu veux : en mer, en piscine privée… Moi, j’ai démarré cela parce que je savais que je pouvais avoir de l’argent supplémentaire.

Pareil, toujours hacker le système parce qu’à la piscine, tu es payé, je ne sais pas, quelques milliers d’euros. Alors que là, tu peux être payé quelques centaines d’euros par jour, suivant le nombre de leçons que tu vas donner…

Olivier Roland : D’accord. Donc, cela a été une transition très facile pour toi.

Franck Rocca : C’est cela.

Olivier Roland : Est-ce que cela faisait longtemps que tu voulais créer un business et que tu ne voyais pas l’opportunité, ou tu t’es dit « tiens, je vais juste… », tu n’as peut-être même pas pensé en termes de business à ce moment-là, tu t’es dit « tiens, voilà juste une manière de faire de l’argent » ?

Franck Rocca : Si. Là, j’ai pensé en termes de business parce que justement quelque chose qu’on n’a pas dit, c’est déjà à l’âge de 7-8 ans, malgré que je n’aimais pas l’école, etc., je voulais trouver des astuces pour aimer l’école. Je ne sais pas si cela existe encore, mais j’emmenais mes parents le dimanche, pas tous les dimanches, faire des brocantes. Pourquoi ? Pour acheter des sortes de sacs de billes, de bigaros… c’est pour jouer aux billes dans la cour de récréation et je les revendais à l’unité à mes camarades. Donc, j’avais déjà cette âme de transformer de la valeur. En plus, en tant qu’infopreneur, on est vraiment là-dedans, peut-être encore même des fois différemment de l’entrepreneur.

J’avais déjà cela, je pense, cette fibre-là, ce côté-là à 20-22 ans, je ne sais plus quand j’ai passé mon diplôme. C’était déjà, oui, d’avoir mon business en fait, de pouvoir me dire « yes, je gagne du vrai argent par moi-même et pas sous l’égide de quelque chose ».

Parce que quand j’étais entraineur de natation, c’était au sein d’une association sportive qui la plupart du temps, dans les villes, il n’y a que ça puisqu’il faut une piscine quand même pour pouvoir nager et à un moment donné, c’est compliqué. Donc, je me dis « Ok, je veux être mon propre chef ». Les pompiers, ce n’était pas pour moi. Trop de 25 hectares de hiérarchie… Monsieur, monsieur, monsieur, tout le monde se prend pour ton papa, ce n’était pas pour moi.

Du coup, là au moins, j’étais « Ok, je fais ce que je veux ». Donc, j’ai démarré step by step et cela a été vraiment une très grosse partie de ma vie.

démarrer step by step pour gagner de l'argent

Olivier Roland : L’entreprenariat, oui.

Franck Rocca : Et sur la leçon de natation notamment.

Olivier Roland : Et oui, parce que finalement, tu dis que tu avais beaucoup de petits boulots comme cela, mais tu ne te sentais pas un peu à ta place, parce que souvent les Rebelles intelligents, ils ont du mal avec la hiérarchie comme tu le dis, le fait d’avoir un patron et tout cela.

Franck Rocca : C’est cela. C’est pour cela qu’au final, ce diplôme, je savais qu’il n’allait pas me faire rentrer dans un comté fonctionnariat, vraiment ce salarié Apur puisque l’association, tu ne vois personne, tu n’es pas à la mairie. Tu es dans une piscine. Et pareil, les entraineurs, tes amis, tes collègues, ils ne sont pas salariés. Oui, certes, on est payé avec un salaire, mais on n’est pas salarié parce que déjà on a des horaires qui sont en fonction des gens quand ils vont à la piscine. Déjà les enfants, ils sont à l’école la journée. Donc, c’est le matin tôt, le soir en fonction.

Déjà, tu as hacké le système de ne pas avoir des horaires de boulot à 8h-17h, tout ce genre de choses, d’être dans un milieu sportif. Pour moi, je n’étais pas salarié. J’étais entrepreneur et j’aidais des gens qui m’ont demandé qu’ils soient meilleurs en natation. J’avais déjà cette âme de « Ok, je prends quelqu’un qui est dans une situation actuelle et je le transforme pour qu’il arrive à sa situation désirée en champion de France de natation, en champion régional… »

Olivier Roland : C’est intéressant. On va y venir, mais c’est exactement ce que tu fais aujourd’hui. Donc, tu as eu cela très tôt.

Ton premier business était à 22 ans. Tu gagnais déjà suffisamment pour ne faire que cela ou tu devais quand même faire tes petits boulots à côté ?

Franck Rocca : Celui-là et long story short puisqu’en fait, il a été quand même en step by step. Quand j’ai eu le diplôme, les premières saisons, je restais chez moi dans le Var, etc. J’avais un poste soit sur une plage, soit dans un camping pour m’assurer un volume financier et de leçons parce que je n’avais peut-être pas encore la bougeotte d’aller chercher dans les villas privées, etc., pas forcément le shift mental encore qu’il fallait. Et la nuit, je travaille en boîte de nuit. Du coup, j’avais en gros trois salaires différents.

Et après, je me suis dit « Ok, ce n’est pas suffisant, je peux aller chercher plus ». Donc, c’est là en fait où, je crois que là on est en 2006, quelque chose comme cela, où je me dis « Ok, le Var, c’est bien, mais il y a plus d’argent dans le 06 ». Mais quand je dis plus d’argent, c’est plus de…

Olivier Roland : Le 06, c’est quel département ?

Franck Rocca : Les Alpes-Maritimes. Et je me dis « c’est beaucoup surtout de villas d’étrangers qui ont leurs villas secondaires et qui vont venir la plupart du temps avec des enfants, la plupart du temps avec une piscine, du coup, je vais aller voir ce qu’il y a à faire. » Là, je me suis mis sur une plage déjà avec un gros, gros salaire où je peux déjà faire tous les clients fortunés de la Croisette à Cannes, la célèbre avenue où il y a tous les hôtels de luxe et les palaces même, et donc, j’allais à domicile.

Olivier Roland : Alors, tu as fait du démarchage de porte important.

Franck Rocca : J’avais les cartes de visite, j’avais à l’ancienne. J’avais mis un panneau sur le ponton, j’avais les cartes de visite et j’avais à l’époque utilisé ma carte de « j’investis pour recevoir ». Et je pense que j’avais aussi toujours cette fibre-là, d’avoir cette capacité de dire « Ok, je mets de l’argent maintenant, je ne sais pas ce que cela va me rapporter, mais en tout cas, ça ne peut être que positif ».

Donc là, je fais une publicité dans le magazine des plages. Cela m’a coûté trois bras que je n’avais pas. Je pense qu’à la fin de la saison, cela m’a rapporté zéro client. Mais peut-être simplement que cela m’a juste donné dans ma tête le feu de me dire « Je l’ai fait le magazine, je vais avoir plein de clients », et donc quoi qu’il en soit d’aller le chercher.

Et je pense que cela aussi, c’est super important comme image et inspiration à avoir. C’est que parfois, ce n’est pas parce que tu vas acheter quelque chose, investir dans quelque chose qui lui, exactement, va te donner le résultat, mais en tout cas, cela t’a donné le momentum pour ne jamais t’arrêter derrière ou donner l’envie de se faire entendre.

Moi, c’est ce qui s’est passé puisque je pense que je n’ai jamais eu un appel de la publicité de ce magazine qui m’avait coûté à l’époque, je crois, 1500 €. Donc, c’était l’argent que je n’avais pas, j’avais dû aller chercher partout ce qui me restait. Et donc, voilà, bref.

Et là, pour l’anecdote également, je n’avais pas de scooter, j’habitais encore chez mes parents à Fréjus et je n’avais qu’un vélo. Et quand le train fonctionnait, on sait très bien la SNCF française, c’est un peu quand elle veut et quand elle veut sur tout l’été. Et j’arrivais des fois où je terminais à 23 heures ma journée à Mandelieu chez une personne, un milliardaire qui avait plein de choses, etc., un double village, j’y allais entre passerelles, enfin bref, c’était un truc de dingue et je devais rentrer en vélo.

C’est-à-dire, je me levais à 6h du matin, je prenais le train ou pas. J’allais, donc j’arrivais sur la région cannoise, je faisais mes leçons. J’arrivais juste la journée à la plage, je continuais, je faisais mes leçons et je rentrais vers 10-11h en vélo de Cannes à Fréjus, c’est à peu près une heure et demie, deux heures de vélo, et pour repartir 4 heures après.

Olivier Roland : Donc, tu avais des clients plutôt aisés ?

Franck Rocca : Tout à fait.

Olivier Roland : Et c’est intéressant. C’était très malin de ta part. On voit toujours cette envie de hacker le système. Tu t’es dit « Ok, j’ai mon business, comment je peux avoir la meilleure clientèle possible, la meilleure qualité ? » Et j’imagine, tu me dis si je me trompe, mais que tu avais aussi comme vision de pouvoir apprendre de ces gens-là. Ce n’était pas juste pour avoir des clients.

Franck Rocca : Et c’était exactement cela puisqu’en fait depuis, je ne sais plus quel âge, peut-être 16-17 ans, que j’avais vu mon père faire cela à l’un de nos voyages en Amérique du Sud, je crois au Paraguay. J’avais un carnet d’idées. Et en gros, c’est mon carnet que j’ai toujours dit « c’est mon billion dollars notes », où j’avais toutes mes idées milliardaires…

Et donc, avec ces gens-là, au bout de quelques semaines quand j’ai lié d’amitié puisqu’en fait, j’apprenais à nager aux enfants et je coachais les parents, en gros, je leur faisais perdre du poids, etc. Notamment ces personnes-là, le couple était assez en forme en termes de poids. Lui, je le coache… forcément en coaching physique, tu as vraiment une approche quand même qui est très fusionnelle puisque tu touches les gens. Enfin, tu vois, il y a la transpiration. Il y a plein de choses qui se passent où dessus, tu enlèves tous les masques.

Quand tu es coach sportif, tu n’as pas les masques. Quand tu es un coach de je ne sais quoi avec toutes ces barrières, là, tu es torse nu, tu transpires, tu dis « tu », il n’y a pas tous ces trucs de « je te vouvoie » et tout cela. Donc, vraiment, cela casse beaucoup de choses et cela accélère la fusion. Et ces gens-là, je leur disais de temps en temps « Est-ce que tu peux m’accorder une heure après la séance pour que je hacke ton cerveau, que je prenne ton cerveau et que tu me donnes toutes les choses ? ».

Quelque temps plus tard, je crois que c’était un ou deux ans plus tard, là, je tombe sur la personne la plus riche. C’est d’ailleurs, je crois, si je ne me trompe pas, le premier milliardaire trader anglais.

J’arrive dans sa maison. Lui, c’est carrément presqu’un château à la hauteur de Cannes. Il a carrément un hôtel particulier pour ses amis. Sous la piscine, il y a, je ne sais plus combien, 1000m2 de jeux pour les enfants, il y a le chef étoilé qui est là à l’année. Enfin bref, c’est un truc de dingue. Et lui, je lui avais parlé dans son bureau, j’attendais qu’il me paie… et en face du côté où il me paie à chaque fois, il y a son bureau à lui, il y a ses 6 ou 8 écrans de trader puisqu’on est en vacances, il faisait des trades, blabla, etc. Et lui, pareil, il me donne là justement lui ce côté d’investissement.

Là, ce n’est pas vraiment entrepreneur, plutôt tu es un investisseur. « Je vais au Québec. Alors, je ne demande pas de faire pour moi un blabla, mais d’après toi, qu’est-ce qu’on peut faire ? Comment on démarre, etc. ? » Il m’a donné, je pense, le meilleur conseil d’ailleurs pour ceux qui aiment un peu l’investissement, c’est « Franck, déjà va miser que sur des sociétés que tu connais et dont tu utilises les produits ». Qu’est-ce que je fais ?

Olivier Roland : C’est ce que Warren Buffett dit. Alors, il ne dit pas les mêmes « que tu utilises les produits », mais au moins que tu connaisses très bien.

Franck Rocca : C’est cela. Moi, c’était la doublette qu’il m’a fait. Et si je ne me trompe pas, les 4-5 fois, je crois que c’était sur plus 500 à l’époque, l’application. Je crois que cela existe encore. Le truc très facile, c’est pour le B to C qui, on ne sait pas trop quoi faire, tu mets de l’argent, tu mets un clic et cela achète.

Et j’avais fait forcément Apple en tant que pro Apple. J’avais fait GoPro en tant que pro GoPro, et j’en avais fait une ou deux autres. Et en gros, je pense la chance du débutant, je ne sais plus, j’avais mis peut-être 5 000 € de tickets d’entrée. Je crois que je m’étais retrouvé avec 25 000 €, je crois, mais en l’espace de vraiment à l’instant T, parce que je pense que j’étais aussi tombé sur le coup de chance et ou peut-être, je ne sais pas, pas un bull run, mais un peu dans ce délire-là.

Et notamment, je crois que GoPro, c’était la période où il sortait un nouveau produit, à chaque fois, cela monte. Bref, en tout cas, c’était vraiment explosé sauf qu’après, tu t’excites parce que psychologie, 90% des traders perdent, on est bien d’accord, tu as une chance sur deux normalement. Du coup, je crois que j’ai tout recramé après en l’espace de quelques jours. Mais en tout cas, cela m’a donné le goût à, cela m’a permis encore d’apprendre quelque chose de différent et c’est cela que j’adore.

Bref, j’accélère assez sur cette histoire-là. Et au final, j’ai fait cela, si on met vraiment tout bout à bout, pendant pratiquement 10-11 ans de ma vie à aller dans des maisons de personnes, d’entrepreneurs qui ont réussi, et d’apprendre à nager à leurs enfants, leurs amis, blablabla et eux à les coacher en sportif.

Olivier Roland : Donc, cela a fait ton éducation. Ça vaut toutes les écoles de commerce du monde cela.

Franck Rocca : Non, mais c’était juste monstrueux parce qu’en plus, tu es vraiment dans le fief de sa réussite. Tu vois également tout ce que cela peut apporter. Il y en avait un, il avait un chef étoilé qui était là à l’année parce qu’il pouvait venir comme cela. Il avait son yacht. C’était vraiment un truc, c’était un parc de voitures, il y avait des Cayenne, il y avait des Lambo. Il y avait tout cela même si je ne suis pas très voiture, mais tu vois également la réalité, que ce n’est pas mensonger et cela t’inspire.

Après, une autre complètement différente parce qu’après, il y a aussi ce côté que j’aimais beaucoup, c’est de ne pas aller chercher des familles souvent. Alors, pas souvent, mais en tout cas, il peut y avoir des familles quand tu as beaucoup d’argent où tu ne t’occupes plus vraiment de tes enfants, où en tout cas en termes familial, tu n’es plus au top. Et moi, j’avais quand même cette fibre à aller chercher des gens qui aimaient leurs enfants, qui les éduquaient réellement. Et notamment une, là, c’était ma meilleure famille pour cela.

Eux, pareil, ils avaient une sorte pas de double maison, mais il y avait deux terrains de tennis…. dans l’arrière de Cannes. Et eux, par contre, ils vivaient pour leurs enfants pendant les vacances. Donc, ils descendaient eux 2 à 3 mois. Ils habitaient à New York. Lui, il avait un fond d’investissement, un des plus grands également de New York et son autre côté de la famille était dans l’immobilier en Europe. Eux, ils étaient top parce qu’ils faisaient vraiment tout pour leurs enfants et j’adorais la cohésion qu’il y avait.

Les parents étaient là l’année pour surveiller la maison. Il y avait à chaque fois 20-30 personnes quand j’y allais. J’avais 5-10 enfants à faire, donc je restais là-bas des heures et des heures. Après, j’avais les mamans ou les parents. Il y a vraiment une sympathie qui se crée et ils me donnent à chaque fois parce que je leur rapporte. C’est vraiment du win win en fait. Là aussi, j’ai compris ce win win.

Même s’ils me donnaient de l’argent, il y avait ce sentiment de, ils voyaient que je ne faisais pas juste ma leçon, c’était un tout. J’arrivais et je faisais des cadeaux aux enfants, je les filmais aussi. J’avais créé quelque chose.

Donc là, je fais un petit retour en arrière très rapide, c’est que quand tu parlais tout à l’heure de « j’allais hacker le système », j’avais déjà ce côté entrepreneur opportuniste… et comment avoir les clients avec qui tu as envie de travailler ? En fait pour cela, sans le savoir, j’avais déjà fait au final presque 15 ans à fond avant, ce qui est devenu aujourd’hui mon business model d’aller pricer plus cher, donc d’avoir une offre où tu apportes plus, mais que tu vends plus cher.

Olivier Roland : Pour que cela parle à ces gens qui peuvent payer cher, mais ils ont des attentes élevées, qu’est-ce que tu as fait ?

Franck Rocca : Justement, les premières fois où je suis arrivé sur la plage de Cannes, j’ai été voir tous les maitres-nageurs à Cannes puisqu’en fait, tu as une concurrence de dingue. Tu as, je crois, une vingtaine de plages et tu as à peu près 20 maitres-nageurs.

Et donc, Ok. C’est qui le meilleur ?

Le meilleur, c’est un mec qui est là depuis 30 ans. Il a 50 ans. Il a les familles, des enfants, des enfants, des enfants, etc. sur des générations.

Combien tu gagnes ? Combien tu fais une leçon ?

Ok. Je vais te battre, c’est ce côté de performeur. Tiens, je vais faire plus que toi.

Et en fait, qu’est-ce qu’ils font tous ? Je crois que c’était à l’époque 20 ou 25 € la leçon. Et moi, déjà, je vais la faire plus chère. Je passais dessus à 30 ou 35 €.

Et qu’est-ce que je vais donner plus ?

Ils ne font rien, ils font juste la leçon. Moi, je vais apporter un diplôme de natation qui est valide dans les piscines pour que, s’ils doivent faire quelque chose, les enfants l’aient et les parents n’aient pas besoin d’aller perdre du temps à payer 30 € pour un diplôme.

Je vais donner des médailles aux enfants. Après leur diplôme, j’avais fait aussi une sorte d’abonnement, un abonnement de 10 leçons parce que c’est le minimum syndical pour avoir un certain niveau, de traverser une piscine et surtout moi, c’était que l’enfant se sécurise tout seul. Donc, j’avais créé ma propre stratégie de natation.

Et le troisième, c’était des films sous-marins. Aujourd’hui, il y a même l’iPhone presque qui va sous l’eau. Il y a 15 ans, il y avait juste des petits appareils photo qui allaient sous l’eau, donc c’était nouveau, la GoPro n’était même pas encore sortie. Après donc, step by step, bien sûr, je me suis professionnalisé. Et donc, c’était ces trois trucs-là.

Les enfants, les parents, ils étaient juste dingues. Je mettais aussi cela directement sur YouTube, ils les avaient le soir même. C’était juste dingue.

hacker le système avec youtube

Olivier Roland : Sur YouTube à l’époque ?

Franck Rocca : Oui.

Olivier Roland : En 2006 ?

Franck Rocca : Peut-être un peu 2007-2008, je ne sais plus exactement les années puisque j’ai fait cela 10 ans. Mais en tout cas, oui, et c’est pour cela que tu tapais école de natation de Saint-Tropez à Monaco, j’avais pratiquement les 10 résultats à la première page. Autrement, cela va avec les vidéos YouTube. Je tapais papillon, machin, d’ailleurs elles existent encore, je ne crois pas l’avoir sortie, j’avais mon site qui s’appelait « écoledenatation.fr. »

Sans le savoir, j’avais déjà fait les choses qu’il fallait faire à l’époque et ce qui m’a permis d’avoir tous ces clients-là.

Et pour l’anecdote, c’est que j’ai été aussi l’un des premiers à faire de la publicité Facebook en 2009, et qu’en fait, cela marchait tellement bien entre Google Ads et Facebook que je devais arrêter ma publicité au mois de mai ou de juin parce que j’étais déjà full pour toute la saison alors que je travaillais de 6h du matin à 23h.

Olivier Roland : Alors, c’est très intéressant parce qu’on a vraiment là quelque chose où tu as une éducation qui est largement supérieure à celle d’une école de commerce et tu l’as fait en te faisant payer plutôt qu’en payant, en étant malin, en sachant te distinguer. Tu t’es dit « Ok. Je veux me connecter à ces gens-là parce que je veux apprendre d’eux, voici l’offre que je vais faire et qui va me permettre de me distinguer ».

Et ce n’était pas compliqué. N’importe qui pouvait le faire, mais il fallait juste déjà prendre le temps de réfléchir. Avoir l’envie, prendre le temps de réfléchir et puis trouver une stratégie. Puis même la stratégie, je veux dire, c’est malin, mais ce n’est pas non plus, il ne faut pas parler d’Einstein. Il faut juste se poser et réfléchir un peu et se dire : comment je peux faire?

Ça, c’est quelque chose que vous pouvez aussi utiliser les Rebelles Intelligents. Vous prenez cette même démarche, copiez la structure de Franck. « Ok, je vais me connecter à ces gens-là. Comment je peux faire ? Quel service je peux leur proposer ? Qu’est-ce que je peux leur proposer qui les intéresse ? », et puis, vous vous posez, vous réfléchissez et vous mettez en place un plan. Et puis, vous testez tout simplement sur le terrain.

Donc, waouh, Ok. C’est intéressant parce que finalement, c’est très corrélé à ce que tu fais aujourd’hui. Mais là, c’était il y a déjà 15 ans. Alors, qu’est-ce qui s’est passé entre-deux ?

Franck Rocca : Alors, pour parler très rapidement pour cette anecdote-là. Quand je regardais tous mes concurrents, eux, ils pensaient… et là, c’est pour cela qu’après, rappelle-toi bien ce moment-là dans la vidéo puisqu’à la fin, je pense que tu vas avoir un golden nugget. En fait eux, ils se disaient « Ok, mais Franck, il a plus de clients que moi. Comment je fais ? Je vais réduire les prix ». Et plus ils réduisaient les prix, moins ils avaient de clients.

Et c’est toujours cela. On se dit que les gens n’ont pas d’argent, ou on se dit que si je vends trop cher, je perds. Ou alors, on se dit que si je sous-niche, enfin, que je me spécialise vraiment dans une sous-niche même de la sous-niche de la sous-niche, on perd tout. Mais en fait, c’est là où est la magie. Et c’est ce que j’ai fait sans le savoir « marketinguement parlant » puisque je n’avais fait aucune école, etc. Et c’est cela qui m’a permis vraiment de monter de suite.

Et après, j’avais aussi quelque chose de très intéressant et important dans ce milieu-là, dans ce marché-là, c’est le bouche-à-oreille, parce que ces gens-là, ils ne restent qu’avec des gens du même niveau. Et donc, en l’espace de, tu fais 2 ou 3 familles, tu as toutes les familles de Cannes et c’est ce qui se passait. Mon téléphone sonnait, blablabla, etc.

Là, je sais que tu aimes beaucoup Tim Ferriss, il y a la loi de Pareto 20/80… mais pareil, sans le savoir, je ne connaissais pas du tout ce truc-là à l’époque. J’avais un agenda où j’avais déjà créé mon propre 20/80 en faisant ma structure de chemin en scooter et vélo pour ne pas perdre de temps dans les allers et retours. En fait, je partais de Mandelieu jusqu’au fin fond de Cannes. C’était du matin au soir pour que je ne fasse qu’une « voie » et que je ne sois qu’à maximum 10 minutes de chaque villa parce que moi, j’avais le temps de transport et il fallait que je puisse enchainer et ne pas perdre de temps.

Olivier Roland : Tu optimisais tout.

Franck Rocca : Déjà, j’ai optimisé vraiment tout cela et c’était juste dingue. Le soir, par contre, c’était pareil, c’était une heure de travail, envoyer des sms à tous les parents pour des fois redécaler d’une demi-heure la leçon du lendemain, etc.

On ne s’en rend pas compte comme ça. On pense que c’est juste tu arrives, tu te mets en maillot, tu as le soleil. Sincèrement, c’est un vrai taf. Et quand tu passes 15 heures enchainées dans l’eau, le soleil, avec des enfants, ce n’est pas de tout repos non plus. Donc, vraiment…

Olivier Roland : Tu dormais bien.

Franck Rocca : Je dormais peu, mais bien. Et tout cela, je pense, m’a servi dans mon vrai métier d’entrepreneur aujourd’hui « dans l’Internet ». Et c’est vrai que c’est intéressant parce que pareil, après, j’ai eu un moment où j’en ai eu marre de la France.

J’en ai marre de la France pour plein de raisons, et cela, on est en 2008 et je vois passer une annonce, c’était le début de Facebook et en gros « Apprenez l’anglais à l’étranger ».

Ok, super, j’avais mon niveau scolaire, en plus, comme je connais ma scolarité et je me dis « Ok, cool, je vais y aller ». Et en fait là, je me renseigne tout cela, pourquoi je resterais en France ou en Europe ?

Donc là, je ne sais pas si vous vous souvenez de la publicité du loto il y a des années et c’était un couple de vieux. La personne âgée tourne la mappemonde. Il met son doigt, il tombe sur l’Australie et sa femme dit « Non, pas encore l’Australie » et il lui dit « mais c’est le jeu ma pauvre Lucette ».

« On tombe dessus, c’est le jeu ma pauvre Lucette ».

Et je pense que cela vous parle. J’avais fait la mappemonde, sauf que je n’avais pas gagné au loto. Du coup, je me retrouve en Australie. J’appelle une agence de voyages.

Olivier Roland : Et pourquoi tu es parti là-bas ? Juste parce que tu voulais améliorer ton anglais ?

Franck Rocca : Et quitter la France.

Olivier Roland : Tu pouvais aller en Grande-Bretagne, c’était plus près.

Franck Rocca : Tout à fait, mais je ne sais pas, c’était loin de tout le monde, c’était loin de tout…

Olivier Roland : Tu étais toujours attiré par le… Mais du coup, tu devais laisser complètement ton business.

Franck Rocca : Alors, j’ai tout arrêté, j’ai tout vendu.

Olivier Roland : C’est dur, tu as vendu le business ?

Franck Rocca : Tout ce que j’avais. Non pas le business puisque je ne savais pas que ça se vendait. Mais j’ai vendu le scooter que j’avais, j’ai vendu tout mon appartement, pas l’appartement, je n’étais pas propriétaire, mais la télé, etc. J’ai tout vendu.

En fait, ce qui s’est passé, c’est qu’un matin, je me réveille, je fais « Ok, je me casse ».

partir et tout quitter du jour au lendemain

Olivier Roland : Puisque tu en avais marre.

Franck Rocca : Et là, entre ce matin-là et mon arrivée à Sydney, deux semaines.

Olivier Roland : What ?

Franck Rocca : C’était l’époque d’eBay. J’ai tout vendu sur eBay en quelques heures, en quelques jours, et le reste, j’ai fait une… comment on appelle cela, « une party chez toi » quand tu pars ?

Olivier Roland : Une boum ?

Franck Rocca : Non, tu dois vraiment partir, comment on appelle cela ?

Olivier Roland : La pendaison de crémaillère, mais à l’envers. La dépendaison de crémaillère.

Franck Rocca : Voilà, c’est cela. Et du coup, je ne sais pas, il y a 20 de mes potes et tout ce qui me restait, je leur ai donné. Je ne sais plus ce qui me restait, des conneries, les bougies, les-ci, les-là. Donc, je leur ai donné et je suis parti, je n’avais plus rien.

Et mes parents, quand je les ai appelés, le jour où j’avais réservé mon vol sec puisque j’ai demandé « non, il n’y a pas de retour », mes parents, ils m’auraient fait répéter plusieurs fois.

« Allo papa, maman, oui, je m’en vais ». « Ah Ok, super, c’est cool, tu vas où et tu rentres quand ? ». Je dis « Je pars en Australie ». « Super, machin, et tu rentres quand ? ». « Je ne rentre pas ». « Ok, du coup, tu rentres quand ? » « Mais je ne rentre pas. » « Et du coup, c’est quand ta date de retour ? » « Mais je ne rentre pas ». Donc, ils ont eu du mal à comprendre. Bref, je suis parti. Là, j’arrive en Australie.

Olivier Roland : C’est intéressant. Je t’interromps un peu parce que je veux dire, il y a quand même peu d’entrepreneurs qui sont prêts à arrêter leur business du jour au lendemain pour aller à l’autre bout du monde. Cela veut dire que tu n’étais pas si attaché que cela à ton business. Tu es plus attaché à l’idée d’avoir, tu es toujours dans une aventure en fait.

Franck Rocca : Je ne sais pas si la phrase « est-ce que j’étais attaché à mon business ? » est bonne. En tout cas, à priori, c’était plus fort cette envie de liberté et de suivre mon envie de ne pas rester en France à ce moment-là parce que j’avais eu un dégoût ou peu importe. Et donc, là, je pars là-bas.

Olivier Roland : Attends, mais cela n’a pas été trop dur de dire à tes clients « je me casse dans 15 jours, merci, au revoir ».

Franck Rocca : Attention, déjà je n’ai pas un client, je n’avais pas un business annuel, c’était saisonnier déjà. Donc, c’est quand même bien différent…

Olivier Roland : Donc, tu n’es pas parti en étant…

Franck Rocca : C’est différent. Moi déjà, il y a une sensation qui est différente.

Olivier Roland : Oui, c’est vrai.

Franck Rocca : Et donc là, j’arrive en Australie. Alors déjà, la petite anecdote, c’est le taxi dans l’aéroport, le backpack que j’avais pris pour la première nuit, je suis tombé sur un vrai Aussie. Alors un Aussie, c’est « Are you going man ? », bref, tu n’as rien compris. Et du coup, je pense qu’il a dû débiter 14212 mots, j’ai dû comprendre hello, good bye.

Et j’arrive là-dedans. Là, en plus, cela a été une expérience de vie de dingue parce que pour trouver un appartement, tu vois sur les annonces, etc. sauf que…

Olivier Roland : Tu avais un visa ?

Franck Rocca : Tu avais le working holliday visa. Il fallait travailler pendant un an, etc. Donc, c’était assez simple avec 100, 200 €. Il fallait juste avoir, je crois, 33 000 € sur ton compte.

Bref, j’arrive là-bas. Là, les premiers, alors au téléphone, j’arrivais un peu à m’en sortir en disant pas trop de mots, texto, etc. Et en fait quand la personne venait me chercher pour aller à son grand appartement, quand j’arrivais à son appartement en bus ou peu importe, « non, mais mec, je ne veux pas rester avec toi, tu ne parles pas anglais, qu’est-ce qu’on va faire devant la télé, blabla ? » Donc, là, coup dur, coup dur, coup dur.

Et une fois, j’attendais un mec devant un building privé. Et je me retourne parce qu’il était en retard, et là, je vois et je me rappellerais toute ma vie un panneau bleu et blanc « Mega Swim School », donc école de natation.

Olivier Roland : Et c’est dingue que tu ne t’es pas dit « je vais faire le même business là-bas que j’ai à la maison ».

Franck Rocca : Non, pour l’instant, je ne m’étais pas dit cela parce que là, je cherchais juste un appartement. Là, je ne te parle pas de la voie business, je te parle de la voie personnelle.

Olivier Roland : Mais tu ne savais pas comment gagner de l’argent.

Franck Rocca : Je ne savais pas encore. Parce que surtout en plus, quand je suis parti, je voulais vivre le rêve que j’avais vu dans cette brochure de « je vais louer un mini van et je vais faire le tour de l’Australie, blablabla ».

Et là, en fait, ce qu’il y a, c’est que je suis monté et là, j’arrive sur la sœur de la boss « Ma sœur n’est pas là, c’est la responsable, blablabla, mais reviens demain ». Et je suis revenu le lendemain et un quart d’heure après, j’étais dans l’eau.

Donc, j’ai été embauché en immediaté parce que la petite anecdote, c’est qu’en Australie, quand tu as le diplôme, tu peux avoir sous ton aile des personnes qui n’ont pas de diplôme, mais cela te permet la validation juridique. En gros, je la fait simple. Là, moi, elle savait que j’avais le diplôme français et donc cela a été juste dingue.

Olivier Roland : Alors attends, tu es redevenu un salarié ?

Franck Rocca : Oui, salarié. En Australie, c’est quand même différent.

Olivier Roland : Ce n’était pas trop dur ?

Franck Rocca : C’est encore une école de natation. C’est différent, tu n’es pas salarié. Déjà l’Australie, c’est différent.

Et pareil, je faisais ce que je faisais moi tout seul, sauf que là, je suis dans un building et les enfants venaient à moi, je n’avais pas à aller les chercher. Et j’étais payé, à l’époque, c’était 28 dollars/heure, c’est-à-dire 4 fois la moyenne australienne. Donc, c’était juste dingue.

Et elle pareil de suite, boom! Un peu ma geekerie, je lui fais son site Internet. Enfin, bref, elle me fait du bouche-à-oreille, donc je recommence. Je crée une agence marketing là-bas dedans en anglais. Je fais mon coaching sportif sur la plage, plus cela. Bref, de suite, trois métiers en espace de quelques instants. Et du coup, forcément, mon rêve de prendre un mini van tombe parce que je suis là, j’ai du métier, j’ai du cash. Du coup j’y vais et je continue.

Et pareil, très rapidement, je la fais très courte, je me dis « Ok, c’est bon, ma vie est en Australie. » J’adore l’anglais, je découvre google.com. A l’époque, en 2008, sur Google en français, tu as trois recherches. Sur google.com, tu as le monde entier de recherches et je découvre Internet, c’est puissant.

C’est pour cela que je fais l’agence marketing. Le web marketing à l’époque, c’était le bon nom et tu mets tout dedans. Les trucs ne servent à rien, les cartes de visite et tout cela. Et là, j’accélère et je me dis « Ok, je vais vivre ici. Donc, est-ce que ma boss accepte de me faire les papiers pour avoir le Permanent Visa ? »

Et en fait, c’est super deep pour eux parce qu’ils doivent prouver pourquoi un étranger et pas un australien, ça leur coûte de l’argent… Je pars en fait dans ces démarches-là d’avoir mon visa pour vivre là-bas. Et au bout de 4 ans, après, tu as ton résident et blablabla…

Là, pareil, je la fais très courte. Et là, sauf qu’un peu plus d’un an après, ma mère a des problèmes de santé, etc., et donc je décide de rentrer parce que famille, first. Du coup, un autre arrêt, on va dire, dans une belle vie potentielle.

Là j’arrive, je n’ai pas un blackout, mais un côté où en plus très rapidement, je me mets avec une femme qui a eu un grave cancer stade 3-4, machin, qui est en rémission, qui a 2 enfants. Le père, c’est un toxico, il ne paie rien. Je dois payer le basket, je dois payer la cantine. Enfin, bref. Donc, retrouver rapidement de l’argent. Là, pareil, je refais dans ce que je sais faire : école de natation, coaching.

Olivier Roland : On voit que tu arrives à te débrouiller. Au final, pourquoi tu as dû quitter l’Australie ? Tu es resté combien de temps là-bas ?

Franck Rocca : Pour la santé de maman. Bref, je rentre en France. Comme cela, je dois retomber, et donc là, je me remets entrepreneur vraiment à faire ça à l’année.

Olivier Roland : Toujours le même business.

Franck Rocca : Ecole de coaching et de natation.

Olivier Roland : On est en quelle année là ? 2011, 2012 ?

Franck Rocca : 10. 9-10.

Olivier Roland : Moi, je t’ai connu en 2015 et tu étais déjà un spécialiste Facebook. Alors, c’était quoi rapidement entre les deux ?

spécialiste de la publicité facebook formation

Franck Rocca : 2009-2010, rapidement, c’est cela. C’est que je fais ma première publicité Facebook pour mon école de coaching. Ce que j’ai dit juste avant, mais là, c’est en termes de timing, c’est maintenant, c’est en 2009.

Olivier Roland : Et tu te rends compte que tu as des compétences.

Franck Rocca : Et je me rends compte que je suis booké en quelques semaines et qu’il y a de la chose à faire dans la publicité. Après, je me sers de la publicité pour lancer ma vraie société marketing en France en 2013 qui s’appelle Kalipseo, qui s’appelait Kalipseo. Là, je vais voir des business locaux de Cannes et je leur dis « Ok, je vais t’apporter des clients grâce à la publicité. »

Et donc là, c’est pour cela que je fais cela. Je crois que je deviens expert de la publicité Facebook. Quand tu me découvres en 2015, cela faisait déjà plusieurs années que je faisais de la publicité pour plusieurs business, des thématiques, etc., que je suis quand même assez connu, que j’ai même formé des équipes France de Facebook, Irlande à l’époque… puisque j’avais fait des Lead Magnet, des choses comme cela pour apprendre à faire de publicité.

Olivier Roland : Oui, des Lead Magnet, c’est en fait des bonus qu’on va donner gratuitement pour que les gens s’inscrivent à une mailing list.

Franck Rocca : C’est cela.

Olivier Roland : Du coup, tu as monté ton agence finalement.

Franck Rocca : Tout à fait. En fait, ce que j’avais démarré en Australie, je l’ai officialisé en France et toujours par contre en me trompant de business model ou j’étais là à vendre mon temps, j’étais là à faire des cartes de visite, les choses qui ne servent à rien. Vraiment, je faisais 90% de mon temps qui, en plus, ne servent à rien en termes de business pour me faire insulter et être payé 17 centimes de l’heure parce que j’ai travaillé 252 heures sur une carte de visite parce que soi-disant, ce n’était pas la bonne couleur. Enfin, vraiment un truc, mais horrible.

Olivier Roland : Tu as quand même évolué parce qu’en 2015, que je me rappelle, quand on s’est rencontré, tu gagnais très bien ta vie avec ton business. Par contre, tu avais un emploi du temps de fou furieux. Tu n’avais pas de temps pour toi.

Franck Rocca : Cela dépend à ce qu’on entend « gagner très bien sa vie », encore une fois. En 2015, pour moi en tout cas, je ne la gagnais pas très bien puisque je travaillais. En plus, surtout si tu mets le temps, là vraiment c’était quand tu m’as connu toi, j’avais, je pense, des nuits de 5 heures et 18 heures de boulot.

Olivier Roland : C’est ce que tu m’avais dit, oui.

Franck Rocca : Oui, c’était vraiment un truc de malade, 7 sur 7.

Olivier Roland : Et moi, à l’époque quand je t’ai rencontré, je voulais justement, je me disais « tiens, je vais peut-être embaucher Franck Rocca », parce que tu commençais déjà à avoir une réputation. Pas embaucher, je veux dire, on te prend en tant que prestataire pour mes pubs Facebook. Et quand tu m’as dit cela, je t’ai dit « Écoute, non, je ne te prends pas, je n’ai pas envie de rajouter des choses à ta charge. Aie un meilleur équilibre de vie, puis on en reparlera. »

On n’a jamais travaillé ensemble là-dessus, mais ce n’est pas grave.

Alors, comment tu as fait la transition, parce que là, tu étais vraiment dans la caricature de l’entrepreneur dont la vie est au service de son entreprise ? Comment tu es passé à un business où là, aujourd’hui, tu as quand même un bien meilleur équilibre de vie ?

Franck Rocca : Tu peux dire « esclave dans le business », surtout qu’en plus, je ne gagnais pas d’argent et je crois que mes chiffres d’affaires 2013-14-15, je crois qu’on doit être entre 10 000 et 30 000 € à l’année de chiffre d’affaires.

Olivier Roland : Ah oui. Ah bon, d’accord, ce n’était vraiment pas beaucoup.

Franck Rocca : Non, vraiment pas beaucoup du tout. A la fin, il ne me restait pas grand-chose.

D’ailleurs, je continue à faire mes saisons l’été. Mes saisons d’école de natation, je les continuais. J’ai arrêté ma dernière saison, quand on s’est vu à, c’était à Lisbonne, je crois.

Olivier Roland : C’était à Barcelone.

Franck Rocca : Barcelone. C’était ma dernière saison. L’été 2015, c’était la dernière saison où j’ai fait cela. En fait, dans l’été, je gagnais pratiquement plus d’argent que mon année dans mon business.

Et là, qu’est-ce qui m’a fait basculer ?

Justement, c’est quand on s’est vu au final, sauf que c’était vraiment au millimètre près en termes de timing, je venais de faire ce qui a changé ma vie, c’est-à-dire que j’ai osé écrire sur Facebook « Je sais faire de la publicité. Je pense que cela peut t’aider pour grossir ton business. Je fais un webinaire demain ».

Là, j’ai eu quelques dizaines d’inscrits. Et je n’avais pas de formation, je n’avais rien du tout. Je n’avais pas de bon de commande, etc., puisque je me rappelle que cela faisait des mois que je voulais lancer une formation, mais que je galérais techniquement parlant. Puisqu’encore une fois, en 2015, il n’y avait pas tout ce qui existe aujourd’hui. En un clic¸ tu as tout qui se fait. Il fallait tout faire avec des WordPress, des Membership, des-ci, des-là et je n’y arrivais pas.

Donc là, j’ai dit « Ok, je vais le faire, c’est bon », et je fais le webinaire. Et là, à la fin, ils me disent « Mais Franck, on veut plus ». Je dis « Ok, on va faire une formation Facebook-add en fait. » « Ok, 247 € ». « Ok, cool, comment on fait ? ». Et là, je vais sur Paypal, je crée un lien Paypal et les gens me paient par un lien Paypal que j’ai créé en live. Je crois que j’ai fait 10-12 ventes, donc j’avais rentré peut-être 3000 € ce soir-là et dans ma tête « je suis millionnaire, yes, j’ai trouvé ».

Certes, je venais quand même de vendre mon temps dans ces 2 heures de webi, mais déjà, je n’avais jamais vendu 2 heures pour 3 000 € premièrement. Et en plus, c’est quelque chose que je n’avais pas encore fait puisque la formation n’existait pas.

Et là, je fais Ok. Là, c’est le déclic de ma vie, je pense. Et après, j’ai créé cette formation avec eux en live pour en plus la rendre encore meilleure puisqu’ils me faisaient des retours de « Là, c’est trop rapide. Là, c’est trop technique. Là, c’est machin… » Et cette formation-là qui, à l’époque, s’appelait MFBM « Maitrisez Facebook Marketing », était vendu 247 au lieu de 500 au final. Après, je l’ai agrémenté et je l’ai vendu plus cher.

Un peu plus d’un an après, c’est celle qui me permettait d’être le premier francophone à rentrer dans le Tout Comma Club Award de Russell Brunson et de ClickFunnels qui recensent un funnel qui a généré un million de dollars dans les 12 mois calendaires.

Olivier Roland : Juste pour les gens, le ClickFunnel, c’est un logiciel qui permet de faire des entonnoirs de vente automatiques par email. C’est un logiciel qui est un peu tout-en-un, donc cela permet de mesurer aussi les performances financières. Ils savent combien tu gagnes et ils donnent des prix. Donc là, toi, tu avais gagné plus d’un million de dollars en 12 mois. Quelle transformation ! Tu es passé de 30 000 € à plus d’un million.

Franck Rocca : En fait après, c’est 12 mois calendaires, ce n’est pas de janvier à décembre parce que j’ai reçu mon Award début 2017, c’est en un an après cette formation.

Olivier Roland : Là, on a un excellent exemple, voyez. Vous savez très bien si vous me suivez depuis un moment, j’insiste toujours sur l’importance d’arrêter d’échanger son temps contre l’argent, de transformer ses compétences en produits parce qu’à partir de là, vous avez un effet de levier, vous gagnez de l’argent quand vous dormez et il n’y a plus de limite. Et là, on a un excellent exemple. Même là, on est caricatural dans l’autre sens. Tu as été dans la caricature de l’esclave du business et là, tu passes de 30 000 à plus d’un million.

Franck Rocca : Attention, je travaillais encore énormément puisque je n’avais pas encore compris ça, même si j’avais compris le business model qui était meilleur pour par contre, ne pas être capé, puisque pour moi, il y a vraiment deux notions dans « arrêter de vendre son temps contre de l’argent ». Il y a, oui, d’être capé en temps, mais d’être capé en argent. Et que là, en fait, j’avais compris, j’avais en tout cas fait le côté de oui, je suis plus capé en argent puisque les gens peuvent acheter 24/24, mais moi, je n’avais pas encore toute la structure qui me permettait de travailler 2 heures par jour parce que je faisais encore d’autres choses à côté, j’avais à gérer aussi le côté toujours encore le sport, blablabla.

Mais en tout cas, j’avais eu ce déclic de « oui, cela fonctionne » et donc jusqu’à en arriver à aujourd’hui, oui, tu temporises ton temps. Et le 20/80, tu sais qu’aujourd’hui, ton temps, c’est la plus belle denrée que tu peux avoir, c’est ce qui vaut le plus d’argent et que tu vas optimiser.

Pour en venir à cette période-là, là forcément, tu fais plein de choses puisque Ok, je lance cette formation, enfin, je n’ai pas non plus eu les 1 000 000 comme cela en claquant des doigts en étant à la plage, on est bien d’accord, parce qu’il y a la publicité, il y a tout ce qui va autour. Après, il y a aussi recruter le support client.

Olivier Roland : Tu avais les coûts de publicité. Pour faire 1 000 000, tu devais dépenser combien en publicité ?

Franck Rocca : Je ne sais plus aujourd’hui. Franchement, je ne sais plus.

Olivier Roland : Mais tu avais un bon ROI.

Franck Rocca : A l’époque, les ROI, c’était quand même plus qu’aujourd’hui. Je pense qu’on devait être à 3-4, des choses comme cela, faciles. Je ne sais plus vraiment parce que j’avais aussi des clients puisque comme tu disais, je commençais à être connu, donc j’avais pas mal de grands noms de l’infoprenariat.

A partir de cette période-là, j’investissais plusieurs centaines de milliers d’euros par an, voire je crois que même une année, j’ai déjà dépassé plus de 1 000 000 € de publicité avec les clients… puisqu’on avait des gros clients, des personnes très célèbres où, pareil, on leur a permis de défoncer leur business en termes de puissance, de 10x, de faire fois 10, notamment je me rappelle de un. Pareil, il faisait à peine, je crois, 1 000 000 € et en l’espace de deux semaines, je lui ai rajouté un demi-million d’euros grâce à la publicité.

Il y a vraiment des gros trucs comme cela en espace d’une journée de coaching. J’en ai un peu du consulting sur une journée. On a mis en place ça, la publicité. J’ai coaché son équipe et boom, deux semaines après, il y avait 500 000 de plus dans la machine.

Donc, il y avait vraiment ce côté-là où j’avais compris maintenant comment tu pouvais tweaker, hacker le système de vente, d’acquisition et de vente. Surtout que là, on parle de 2015-16-17, il fallait que je me batte pour que les gens comprennent que la publicité avait un sens. Aujourd’hui, tout le monde parle le Facebook-add, le Youtube-add. En 2015-16-17, même si cela peut paraître tôt, c’était encore « Non, mais c’est de l’arnaque. Marc Zuckerberg, je sais pas où s’est qu’il va mettre mon annonce… vraiment. »

Et je vois même là des grands noms encore de l’infoprenariat ou dans les mastermind avec qui j’étais, ils me disaient : « Non, mais Franck, je ne mettrais jamais plus de 500 € par mois », des trucs comme cela alors qu’ils gagnaient déjà beaucoup d’argent. Bref.

Donc là, forcément de fil en aiguille, après, je m’associe aussi avec Simon et Greg, là où on fait un superbe lancement orchestré.

Olivier Roland : Simon Caporossi, vous avez vendu une formation Business Révolution.

Franck Rocca : On a vendu une formation… Business Révolution. On a fait le plus gros lancement de l’histoire à l’époque.

Olivier Roland : C’était combien ?

Franck Rocca : C’était 3 000 000 €.

Olivier Roland : 3 000 000 € de vendus en une semaine, mais avec beaucoup de travail en préparation. En tout cas, pendant une semaine où les ventes étaient ouvertes, il y a eu 3 000 000 de ventes.

Franck Rocca : Oui, c’est cela. Donc, c’est assez énorme, c’est 1 000 personnes qui achètent ton programme. Il y a des gens qui ont pris des RTT, qui ont été en vacances pour ne pas louper la vidéo de vente et être là à 11h pile le jour. Enfin bref, plein de choses comme cela. Et tout cela fait que cela accentue cette liberté, liberté d’esprit, de temps, financière. Après, step by step, pareil, je n’ai pas arrêté du jour au lendemain de travailler comme un fou, mais j’ai compris d’autres choses, j’ai compris également ce business model que là, il a été vulgarisé en high tickets. Moi, je n’aime pas ce mot-là, moi, c’est vraiment créer des produits haut de gamme.

Olivier Roland : Voilà. Le high ticket, ce sont les produits très chers, mais qui sont aussi hauts de gamme en termes de prestations.

Franck Rocca : C’est cela. Pour moi, les high tickets, c’est ceux qui sont chers, mais pas hauts de gamme en prestations. Et les hauts de gamme, c’est ceux qui sont chers et hauts de gammes en termes de prestations. Mais c’est ma définition.

Voilà, je sors un peu cela. J’ai souvent vendu une formation à 2 000 € hors taxe à peu près puisque j’ai quand même plus de B to B que de B to C, donc plus de professionnels que de particuliers. Et on arrive à monter et à monter. J’avais écrit aussi entre temps sur l’Université Facebook. J’avais aussi en 2015, en novembre 2015, je crée, un des premiers à créer une récurrence, un abonnement.

J’avais une formation, celle-ci, MFBM qui se vendait à l’unité, on va dire. Mais à côté de cela, j’avais créé l’Université Facebook parce que quand on parle et quand on vend un produit technique, ça change toutes les semaines, et donc, une formation, je n’avais pas envie de la refaire tout le temps. Du coup, j’avais créé une Université pour que les gens aient accès à un live par semaine et comme cela, mon live me permet de mettre à jour mes formations, mais en même temps, de coacher ces gens-là et d’être payé pour cela.

Tu vois, on rebascule un peu sur la natation où j’étais payé pour prendre leur cerveau. Là pareil, pour mettre à jour mes formations, j’avais lancé un programme qui me permettait d’être payé également pour le faire.

Donc, en novembre 2015, je commence mon premier MRR, le Monthly Recurring Revenue, le revenu récurrent mensuel, c’était à l’époque 97 € hors taxe. Donc, je commence à avoir des dizaines, des centaines de personnes. Ensuite après, je l’ai passé à 300 €, enfin 297 puisque j’ai agrémenté des choses.

Olivier Roland : On ne va pas trop entrer dans les trucs spécifiques parce que là, cela fait déjà un moment qu’on parle. On va juste accélérer jusqu’à aujourd’hui. Aujourd’hui, tu ne fais plus vraiment de formation sur Facebook. Tu l’as encore comme produit, mais l’essentiel de ton business, c’est un programme high ticket.

Franck Rocca : Oui, haut de gamme.

Olivier Roland : Haut de gamme, exactement, qui aujourd’hui est à 10 000 € si je ne dis pas de bêtises et dans lesquels tu vas vraiment faire un coaching et un accompagnement intense 360 pour les gens. C’est-à-dire que tu vas à la fois t’intéresser à comment développer le business parce que c’est pour les entrepreneurs et aussi comment avoir une meilleure performance dans sa vie. Donc, comment perdre du poids, faire du sport, être productif, être concentré parce que justement, tu as cette double approche – c’est cela qui est intéressant – d’être non seulement un entrepreneur à succès, mais aussi quelqu’un qui a été champion, athlète et qui est très, très sain physiquement.

Franck Rocca : C’est cela. Ça, cela fait partie de la trilogie du succès que j’ai créé il y a quelques années qui a 3 piliers. Le premier pilier, et dans l’ordre, c’est l’hygiène de vie parce que si tu n’es pas sain dans ton corps, tu ne peux pas être sain dans ton esprit et donc être entrepreneur, avancer et trouver des choses. C’est vraiment le point le plus important.

Et déjà, si vous dites que quand vous allez au supermarché, vous dépensez de l’argent pour vous nourrir, bifurquez, shiftez le cerveau pour dire « vous investissez dans votre premier lieu de vie qui est votre corps ».

Deuxième pilier, c’est le mindset puisque sans mindset, on ne peut rien faire. 80% de la réussite, c’est le mindset.

Troisième pilier, c’est le business, les stratégies de business…

Et donc oui, là, c’est ce que j’appelle un programme d’accompagnement haut de gamme où moi-même, mais surtout toute ma team, on est dévoué à la réussite de nos clients. D’ailleurs, quand ils nous rejoignent, ils signent un contrat. Et je la fais très, très simple, mais dans le contrat, il y a un sorte d’article qui dit « C’est un programme de passage à l’action. On vous donne seulement ce dont vous avez besoin, par contre, on ne peut pas venir vous border le soir, c’est à vous de passer à l’action et de faire les choses qu’il y a à faire. Et si vous ne le faites pas, Franck se donne le droit de vous rembourser et de vous sortir du programme ».

Voilà, pour vous dire qu’on est dans la réussite client, on n’est pas dans le gain d’argent. Et d’ailleurs, on a quasiment 12 personnes dévouées à temps plein pour ce programme-là, en tout cas, les clients, pour vraiment on les appelle. C’est juste dingue la puissance qu’on a mis. C’est pour cela que ces by formations, c’est vraiment un programme d’accompagnement qui apporte des résultats, et c’est pour cela qu’aujourd’hui, donc maintenant, cela fait un an qu’on a sorti cet écosystème, on a 91% la statistique.

C’est juste dingue. Même moi, j’ai du mal à le croire en disant « 91% de nos clients qui sont arrivés à ce qu’on appelle, nous, la fin de la troisième semaine où ils créent leurs premiers webinaires en ligne, ils gagnent en moyenne 14 000 € ». C’est-à-dire qu’on a quasiment 100% de réussite des personnes qui, à leur premier semestre gagnent de l’argent.

Olivier Roland : Ils ont un ROI positif très rapide.

Franck Rocca : Alors là, ce n’est pas du ROI oui parce qu’en fait, à cet instant-là, je leur apprends le straight to the point de d’abord gagner de l’argent avant même de créer une société et avant même de faire de la publicité.

Olivier Roland : Non, mais je veux dire par rapport à l’investissement dans ton truc. C’est 10 000 et ils ont pu gagner 14.

Franck Rocca : Oui. C’est-à-dire, c’est cela le bénéfice qu’ils vont générer. En fait, ils vont gagner de l’argent par rapport au prix d’investissement.

Olivier Roland : Donc là, au niveau de ton entreprise, aujourd’hui finalement, tu n’as jamais gagné autant d’argent de ta vie ?

Franck Rocca : Oui, c’est cela, tout à fait.

Olivier Roland : Et en termes de quantité de travail, tu en es où ?

Franck Rocca : Aujourd’hui, j’ai compris justement que le travail est dur. D’ailleurs, il y a la citation « Work hard, Get better ». Avant, c’est ce que je disais. Aujourd’hui, c’est « Work smart, Get better ». Donc, du coup, c’est vraiment cela parce qu’aujourd’hui, j’ai compris que le gain financier ou le gain de liberté n’est pas corrélé à autant de travail. Aujourd’hui, je peux avoir des – moi, je parle par contre par zone – des mois où je vais travailler 4-5-6 heures par jour, qui est pour moi très basique. En plus, quand je dis « travailler » là, c’est aussi des choses que j’aime. Il y a le coaching à l’intérieur…

Après, il peut y avoir des zones de temps comme là par exemple en ce moment où on crée quelque chose, on retransforme quelque chose. Il y a aussi du recrutement, donc la formation de l’équipe pour passer encore d’autres steps dans le business, dans l’entreprenariat. Tu as plusieurs steps, plusieurs échelons à chaque fois. Tu as les baby steps… Donc, je peux aller jusqu’à des fois retravailler 10 heures par jour sur du 7 jours 7 pendant peut-être un mois.

C’est sur des zones de temps avec là un vrai objectif, alors qu’à l’époque, je faisais cela sans gagner d’argent et sans objectif. Aujourd’hui, je sais ce que cela apporte. J’ai une vision à moyen et long terme… Donc en termes de temps, aujourd’hui, je m’adapte, d’ailleurs comme ils doivent le savoir ton audience, on fait du wakesurf toutes les semaines, etc.

Olivier Roland : On voit quand même, oui, tu as un meilleur équilibre de vie. A chaque fois qu’on te propose de sortir, tu dis oui, sauf le jeudi soir parce que tu as ton appel de coaching justement avec tes clients, mais pour tout le reste, tu es toujours partant.

Franck Rocca : Cela n’a complètement rien à voir. C’est juste que, et aussi, c’est pour dire que tout dépend de l’ambition. Ça, c’est vraiment un truc que j’aime beaucoup rappeler, c’est que tout dépend de l’ambition, ce que je dis à mes clients.

En gros, si vous avez une ambition de 10 000 € par mois de chiffre d’affaires par exemple, qui est très bien, il n’y a aucun problème là-dessus, forcément à priori, surtout avec nos business model, on va avoir besoin peut-être de travailler beaucoup moins que si on a une ambition de 100 000 ou de 1 000 000 € par mois.

C’est pour cela que moi, j’ai une ambition qui est assez grande, pas forcément financièrement parlant pour moi parce qu’aujourd’hui, je pourrais déjà presque m’arrêter, j’ai déjà une belle vie, etc. Mais par rapport à la mission que je me suis demandé, enfin me suis obligé de faire, on va dire pas obligé parce que c’est vraiment quelque chose qui est en moi, de créer une ONG pour sauver les océans, etc. Et bref, tout cela, j’ai besoin d’argent, j’ai besoin d’appui politique… Donc, je me dois d’aller toujours très loin parce qu’aussi, j’aime cela. J’aime vraiment découvrir, faire de plus en plus de choses. Et tu vois, en plus là, avec toi et Alex, les mini mastermind, plus les mastermind dans lesquels je suis…

Olivier Roland : Alex, c’est aussi une autre personne, un autre infopreneur avec qui on fait du wakesurf toutes les semaines. Et c’est vrai que le fait d’être sur le bateau, c’est vraiment un mastermind permanent.

Franck Rocca : Et tout ça, cela ouvre des horizons. Tu vois, on a même parlé la dernière fois pourquoi pas, on va peut-être faire quelque chose en partenariat ensemble. J’ai vraiment ce goût parce qu’aujourd’hui, on a la compétence, l’agilité et la facilité « de pouvoir répondre » à un besoin d’une certaine audience pour leur créer une meilleure vie.

Et aujourd’hui d’ailleurs, j’ai une phrase qui dit « A partir du moment où vous savez que vous avez une expérience, une expertise qui permet de transformer positivement la vie de quelqu’un, vous avez l’obligation de tout faire pour transformer un maximum de vies ». Et moi, je me suis donné cette obligation-là parce que c’est cela qui me donne l’énergie que j’ai en fait.

On me demande souvent « Mais Franck, on dirait que tu es toujours sous je ne sais pas quoi, amphétamine ou peu importe ». Non, déjà, je ne bois même pas de café, sinon je ne dors pas de la nuit.

Olivier Roland : C’est vrai qu’on a l’impression que tu es toujours sous amphétamine en permanence. Tu as vraiment une énergie interne qui est assez intense. Tu as toujours été comme cela ?

Franck Rocca : Oui.

Olivier Roland : Waouh ! Mais c’est cela aussi qui te permettait de faire tous ces boulots en même temps, d’être serveur.

Franck Rocca : Et l’énergie aujourd’hui, je pense que j’ai compris, c’est qu’elle vient de vous en fait. Elle vient de l’audience, elle vient des clients, elle vient de la transformation, elle vient de la réussite parce que même malade, j’ai fait un séminaire live. Il y a quelque mois, j’étais malade, j’avais 39 de fièvre et j’ai tenu les 8 heures de coaching en live.

Donc, il y a vraiment ce truc-là où il y a ce côté, je pense, que je l’ai dans l’ADN, mais aussi surtout ce côté performeur où je m’en fous de la douleur. Je suis malade, je le fais. Je dois le faire, je le fais, je ne cherche pas des excuses de : j’ai piscine, j’ai mal au cul ou j’ai un ongle cassé.

Olivier Roland : Tu ne te laisses pas abattre par les excuses. D’ailleurs beaucoup de gens, souvent, ont plus peur de la peur qu’ils ont que de la chose en tant que telle. Ils ont peur de l’impression qu’ils ont de quelque chose plutôt que de la chose en elle-même. Ça, je vois cela souvent.

Donc oui, aujourd’hui, tu es à la tête d’une belle entreprise, tu vis à Dubaï, tu as le temps quand même de profiter un peu de la vie. D’ailleurs, tu as participé à un Championnat du monde de wakesurf récemment et tu étais arrivé dans le…

Franck Rocca : 27ème.

Olivier Roland : Sur ?

Franck Rocca : Sur 180, un truc comme ça.

Olivier Roland : Sur 180, alors que je veux dire, là, tu étais contre des gens qui, il y en a qui font cela tous les jours, qui sont instructeurs, tandis que toi, tu fais cela une à deux fois par semaine. Donc, cela montre un peu le mindset et tout cela. D’ailleurs, tu m’as bien coaché pour le wakesurf, je t’en remercie. Là, j’ai fait des beaux progrès notamment grâce à toi, donc cela fait plaisir.

Du coup, est-ce que tu pourrais aujourd’hui redevenir salarié ?

Franck Rocca : Déjà comme je te l’ai dit, pour moi, je n’ai jamais été salarié, de la définition même que je m’en fais.

Olivier Roland : Quand tu conduisais ces camions.

Franck Rocca : Oui, c’est de l’intérim. Tu changeais presque de « boss » – ce n’est même pas un boss, ils ne sont même pas là – toutes les semaines.

Olivier Roland : Tu voyais cela comme des clients alors ?

Franck Rocca : Moi, je voyais cela comme de la prestation. En tout cas, encore une fois, peut-être que vous en tant que salarié, etc., vous avez des meilleures définitions que moi ou d’autres. Mais moi vraiment, pour moi, le salarié, c’est déjà tu as un boulet au pied, tu es condamné à rester avec la société pendant minimum X temps. C’est tu fais tes 8h-18h. Le samedi, tu es fatigué. Le dimanche, il faut s’occuper des enfants et tu redémarres. Et le dimanche soir, tu es stressé parce que lundi matin, il faut retourner au boulot. Vraiment pour moi, c’est cela le truc de salarié et pour moi, je n’ai jamais eu ce truc-là.

Donc, pour répondre à ta question malgré tout, non, mais bien entendu, c’est juste impossible, c’est inenvisageable. Et de toute façon, on l’a déjà vu là un peu dans la story que je vous ai raconté, c’est que j’ai quand même eu des retours à la zéro, des retours à zéro, des retours sans argent, des retours de machin en fonction des blackouts et des-ci et des-là.

Quand je me suis occupé de cette famille aussi où je comptais mes pièces dans la poche pour me nourrir avec les boîtes de conserve en bas, j’ai eu des périodes aussi comme cela. Et donc là, même à ces moments-là, j’aurais pu pour la facilité aller trouver un poste de salarié, avoir mon Smic et me dire « Ok, c’est cool ». Mais non, je n’ai même pas été là avec un besoin ultime d’argent et j’ai de suite été « Ok, comment je peux trouver l’opportunité pour générer de l’argent moi-même ? ».

Olivier Roland : Tout ce que je veux dire, c’est que tu as toujours eu cet état d’esprit entrepreneur. Mais donc, si jamais, tu ne te vois pas…

Franck Rocca : Mais non. Déjà, je n’accepte pas les ordres. Donc, à un moment donné, quelqu’un va me dire « Il faut que tu fasses ci », je vais lui dire non.

Olivier Roland : Et tes parents dans l’histoire, parce que tu as toujours été rebelle, iconoclaste, tu t’es créé ton propre chemin. Est-ce qu’ils n’ont pas péter des câbles à des moments quand même ?

Franck Rocca : Je le dis toujours, heureusement que j’ai eu… alors, je voulais, ce n’est pas cela, mais le bien et le mal. Alors, la vraie image, c’est mon père sportif, un peu extrême et aussi cet âme alors mon père plus chef d’entreprise qu’entrepreneur, et ma mère par contre, oui, un peu plus peureuse, un peu plus…

Et c’est pour cela que j’ai toujours dit « heureusement que j’ai été éduqué par les deux », parce que soit vraiment si c’est un seul, j’aurais été mais too much et peut-être que j’aurais fait des folies encore beaucoup plus extrêmes, mais pas forcément que dans le sport. Et si je n’avais été que par ma mère, je pense que j’aurais eu peur de tout, je n’aurais pas osé… Donc, cela a été une belle balance. Par contre, beaucoup d’amour, cela, c’est sûr. Merci papa et maman, je vous aime aussi, puisque je sais qu’ils regardent tout.

C’est vraiment cela. Je pense qu’il y avait vraiment une belle balance. Et même si on l’a dit au début avec les vidéos, l’ADN, je pense que malgré tout, mon père m’a quand même inculqué. D’ailleurs, aujourd’hui, j’ai 38 ans et la plus belle photo de ma vie pour l’instant peut-être avant la naissance de mes enfants, c’est une photo où il y a mon père et moi dans l’Esterel, c’est une forêt sur la Côte d’Azur où on court. Moi, j’ai 4-5 ans. Mon père, il est en chemise, en jean et on court dans l’Esterel là où il m’emmenait, où il tapait dans les arbres en karaté. Il mettait des choses en bambou… C’est la photo de ma vie parce qu’elle reflète l’amour, elle reflète le sport, elle reflète la forêt et la liberté. Pour moi, cette photo reflète tout, la définition que je mets dans liberté.

Olivier Roland : Ok. Finalement, tes parents, ils n’ont pas été tellement dans l’équation. Ils t’ont donné l’impulsion initiale et puis après, tu as fait ta propre vie.

créer sa vie et suivre son chemin

Franck Rocca : C’est cela. J’ai toujours été quand même assez solo. Mes parents ont quand même toujours beaucoup travaillé aussi, donc au final, on n’avait pas vraiment beaucoup de temps « à nous ».

Olivier Roland : Mais jamais ils ne t’ont dit « tu ferais mieux de passer ton diplôme de médecin ou d’avocat ou de… » ?

Franck Rocca : Non, à part le bac, c’est vrai que contrairement à certaines familles, oui, par contre dans leur tête, ils avaient quand même encore cette moutonade du système de « il faut avoir le bac puisque sans le bac, tu ne fais rien ». Ils avaient quand même encore ce truc-là. Par contre, ils n’étaient pas parce qu’en fait, je suis dans une double famille. Côté de mes parents et ma mère, enfin mes parents, je suis le seul déjà à avoir le bac sur plus d’une dizaine d’enfants, les cousins des-ci, des-là, je suis le seul.

Et même en termes de métier, les parents de mes cousins et tous les enfants, en gros, il n’y a personne qui a vraiment réussi, il n’y a personne qui a vraiment créé sa propre vie. Je suis vraiment issu d’une famille complètement normale et sans argent à la base et tout cela. Donc, je me suis créé dans un écosystème qui, à la base, n’était pas du tout fait pour, tu vois.

Là, malgré tout, je pense que c’est le mindset du sportif. C’est mon père qui m’a apporté cela malgré tout puisqu’il est quand même, lui, chef d’entreprise dans le bâtiment notamment. Oui, je pense que c’est un tout qui a fait que… mais après, ce que tu te crées pour revenir sur la question des études, comme ils n’en ont pas fait, ils ne pouvaient pas me dire « il faut que tu aies un bac+4, être médecin, un bac+12 et tout cela. »

Olivier Roland : Du coup, tu en as déjà pas mal parlé, mais en résumé, est-ce que tu as des croyances qui sont différentes de ce que tu peux voir en général autour de toi ?

Franck Rocca : Oui.

Olivier Roland : En résumé, c’est quoi ?

Franck Rocca : La première, c’est que je n’accepte pas le « non » ni le premier « oui ». Ça, c’est une très grande différence.

Olivier Roland : Tu n’acceptes pas le premier « oui », c’est-à-dire ?

Franck Rocca : Par exemple, là, je prends l’exemple avec mon avocate où le temps qu’on ait appris à se connaitre, elle sait qu’aujourd’hui quand elle va me proposer quelque chose, une solution ou peu importe, elle vient avec au minimum 2 ou 3 projets parce qu’elle sait que le premier, je vais lui dire « mais ça, ça a été la facilité », donc même pas, je ne la regarde. Et on commence à réfléchir à partir de où tu as commencé à travailler ton cerveau.

En fait, c’est ce truc-là que j’emmène tout le temps de « le non n’existe pas », puisque de toute façon, le non, on l’a déjà. Déjà de base, si tu te contentes du non, tu ne fais rien de ta vie parce que tu l’as déjà.

Là, je n’ai pas d’argent, oui, tu ne l’as pas maintenant. Je n’ai pas osé appeler la personne, oui, tu ne l’as pas appelé. Tu as déjà le « non », donc en fait, tu ne risques que le « oui ». Sauf que le premier oui, il est tellement simple parce qu’à peine, tu soulèves le pied, tu peux l’avoir. C’est comme l’échec. Pour moi, tu ne peux jamais échouer tant que tu ne t’arrêtes pas.

Bien sûr, tu peux avoir des erreurs et des échecs passagers selon la définition qu’on en met, mais tant que tu ne t’arrêtes pas, tu es obligé de réussir. Et même je vais dire « tant que tu ne t’arrêtes pas, tu es condamné à réussir ».

Olivier Roland : Ok. Donc, on n’accepte pas le non, on n’accepte pas le premier oui. Il y a d’autre croyance que tu as l’impression d’être un peu pas seul au monde, mais tu fais partie d’une minorité des gens à avoir.

Franck Rocca : Vraiment je ne m’accorde aucune excuse.

Olivier Roland : Ok. Oui, ça, c’est vrai, j’ai pu le remarquer.

Franck Rocca : J’ai une dureté envers moi-même qui est extrême.

Olivier Roland : C’est vrai, oui. On voit qu’effectivement, tu es quelqu’un avec une énorme discipline et que tu ne vas pas te faire arrêter par une petite bosse sur la route. C’est clair.

Franck Rocca : C’est cela.

Olivier Roland : D’autres choses ?

Franck Rocca : Oui, le côté de hacker. Donc là, cela englobe un peu tout cela.

Olivier Roland : Oui, on le voit entre ta vie où tu as vraiment ce point de vue qui est très commun chez les rebelles intelligents.

Franck Rocca : Oui, même dans la nourriture, tu vois. Des fois, on se dit « Oui, mais là, je n’ai pas le temps, donc je suis obligé de manger mal ». Mais non, on peut juste réfléchir un minimum et Ok, au lieu d’aller manger McDo, je ne vais pas dire là, c’est du magique, mais ne serait-ce qu’une tranche de poulet et de jambon pour ceux qui mangent encore de la viande, une tranche de poisson avec du taboulé ou des légumes, des fruits. C’est assez simple, même si tu n’as pas pour cuisiner, tu prends des légumes crus, tu prends des pommes, tu prends un taboulé, une viande.

Olivier Roland : Il y a toujours un moyen d’arriver à son objectif.

Franck Rocca : Il y a toujours un moyen. Donc ça, c’est mon truc. C’est parce qu’en fait, la vie et notamment là l’éducation quand même francophone, un peu le côté système européen, on voyage tous les deux dans beaucoup de pays, on se rend compte que les cultures sont quand même différentes en côté anglo-saxon, Asie, Amérique. Il y a encore des différences. Et nous, c’est vrai qu’en Europe et en France, on est quand même très assisté, ce n’est pas une nouvelle quand on dit cela.

Et je pense que c’est vraiment cela, c’est qu’il faut shifter. Et mes clients, je leur apprends aussi à shifter leur mindset, shifter leur cerveau, mais surtout à transformer leurs chemins neuronaux qui, aujourd’hui, sont des labyrinthes à part entière et à faire plutôt des lignes droites de « Ok, non, mais là, pour atteindre le résultat que tu voulais, tu n’as plus besoin de faire comme à l’époque à faire des allers-retours dans tous les sens, tu vas juste tout droit. »

« Oui, mais tout droit, c’est peut-être plus compliqué. »

Non, ce n’est pas plus compliqué. C’est parce que tu penses que ça l’est, parce que tu vois peut-être le résultat trop rapidement et tu as peut-être peur du résultat. Et en fait, c’est sur cela qu’il faut travailler et pas le reste. Donc, c’est vraiment ce côté de passage à l’action.

D’ailleurs, on a un hashtag depuis 3-4 ans « Do it now ». Cela veut tout dire. C’est « fais-le maintenant, pas demain. C’est maintenant qu’il faut le faire. »

Donc il y a aussi, je pense, ce côté-là où je ne vais pas attendre pour faire les choses. Et là, d’ailleurs, on est aussi dans la ligne conductrice de tout mon business model depuis que je l’ai compris. La première formation en 2015, j’ai vendu quelque chose qui n’existait pas. Et cela, pour moi, c’est l’ultime. On est dans le lean startup… C’est : propose quelque chose, valide que le marché a besoin de ce quelque chose, et à partir de là, tu le crées.

Olivier Roland : Voilà. Et toujours être en contact avec la réalité plutôt que de créer les meilleurs plans dans sa chambre. Ça, c’est super important.

Et en termes d’action, est-ce qu’il y a des actions que tu fais régulièrement ou des habitudes que tu as qui sont assez minoritaires finalement dans la population ?

Franck Rocca : De m’écouter.

Olivier Roland : De t’écouter ?

Franck Rocca : Je pense que les gens ne s’écoutent pas vraiment.

Olivier Roland : Oui, tiens, intéressant.

Franck Rocca : Je pense que les gens pensent qu’ils s’écoutent. A l’époque, dans une interview, j’avais dit « Arrêtez de vous mettre un film opaque quand vous vous lavez les dents ». Parce que quand tu laves les dents, la plupart du temps, tu as un miroir en face de toi et que la plupart du temps, on se ment tellement à soi-même que c’est comme si on ne voyait plus la réalité en face.

Et notamment, là, l’image simple avec les couples, tu rentres après le boulot par exemple, que ce soit la femme ou l’homme, et puis tu trouves, alors moi j’aime bien parler du canapé chips Bibendum où ils se sont laissés aller. Là, c’est mon reliquat de sport, tu vois, mais où ils se sont laissés aller et ils n’ont plus le physique de. Alors Ok, on va me dire « oui, mais l’amour, ce n’est pas que physique », oui, Ok merci. C’est tout ce truc-là de plus rien, plus d’envie, plus d’excitation, la routine, etc. et justement de ne pas tomber là-dedans. Et parfois, j’ai même annulé un call parce qu’à ce moment-là, j’avais envie d’aller nager en mer, donc j’ai annulé un call. C’est vraiment à un moment donné ce truc-là.

Je ne peux pas dire que je l’ai fait à 100% du temps puisque des fois, tu as quand même des obligations même si je n’aime pas ce mot-là. Mais en tout cas, c’est cela, c’est d’apprendre à s’écouter et se faire kiffer. On s’oublie souvent. Se faire kiffer là-dessus à la compétition. C’était vraiment de me faire kiffer puisque je n’avais aucune ambition. C’était de rentrer dans l’écosystème, de voir comment cela se passait.

Olivier Roland : C’est quand même une vision de cette participation à la compétition de wakesurf. C’est quand même aussi parce que tu as envie de voir. Justement, tu es curieux de voir ton niveau par rapport au champion. D’ailleurs, tu étais très bon par rapport à la plupart des gens. Mais voilà, tu n’étais pas en mode « je veux absolument être le premier », c’était plus une curiosité, mais on voit quand même cette envie d’exploration et de savoir te mesurer par rapport aux autres.

D’ailleurs, je fais juste une parenthèse. Mais souvent, on entend parler « oui, c’est… », on entend dire « oui, ce n’est pas bien de se comparer aux autres et tout », c’est un gros bullshit ça. En sport, heureusement que les gens se comparent entre eux parce que sinon, comment ils sauraient s’ils sont bons ou pas.

Franck Rocca : Là, je vais casser un mythe et je vais être cru peut-être, c’est bien de faire du sport, mais attention à la phrase « ce n’est pas grave, si tu n’as pas gagné, tu as au moins participé ». Ça, c’est très bien pour le sportif du dimanche, mais ne dis pas cela à un athlète, il va t’insulter, ce n’est pas possible. On ne va pas, on n’est pas athlète, on ne fait pas… puisque quand tu es athlète, toute ta vie, moi, je me suis entrainé jusqu’à 35 heures par semaine. Tu ne peux pas juste dire « tu as participé », cela ne marche pas en fait. On y va et ce n’est pas le podium non plus, c’est la première place. Ce n’est que la première place qui compte. Donc, il faut vraiment faire la différence entre le sportif du dimanche et tu as le droit de juste aller courir une demi-heure…

Olivier Roland : D’ailleurs, pour le wakesurf, tu as eu cette approche sportive du dimanche. Tu étais complètement de 5 heures par semaine. Il faut juste bien comprendre les différences de mentalité, mais aussi de motivation, d’implication.

Franck Rocca : Et après, il y a aussi une réalité terrain. Le wakesurf, j’avais 10 heures ou 12 heures maximum de wakesurf. Les gens, ceux qui font les compètes, ils font une heure par jour. Donc à un moment donné, je ne peux pas rivaliser, je le savais complètement.

Olivier Roland : Ils font plus qu’une heure par jour.

Franck Rocca : Oui, même plus, mais au minimum une heure par jour. Nous, sur les 6 mois, on a eu 10 ou 12 heures. Maintenant, on fait un peu plus, mais au début, c’était 20 minutes. Je sais que c’était vraiment pour aller voir.

Et là, il y a un hack aussi, c’est d’aller chercher le chemin le plus court pour prendre de l’information. Donc là, pareil, on se fait coacher par la championne du monde, elle est leadeuse de la Coupe du monde en ce moment, pourquoi ?

Parce que, alors là, attention entre la différence de ce n’est pas parce que tu es bon athlète que tu es bon entraineur, mais en tout cas, il y a la notion de tout cela. Mais pareil, on short! Au lieu d’apprendre par nous-mêmes, on prend un coach.

Olivier Roland : Et on l’a vu très bien quand tu as été voir tous les mecs de la Côte d’Azur là qui pouvaient t’apprendre quelque chose. C’est aussi une très bonne habitude à avoir de se poser la question de comment je peux hacker la connaissance.

Franck Rocca : Tout à fait, c’est vraiment d’aller chercher directement la personne qui a la plus belle information à l’instant T, boom directement. Ça, pour moi, et même là dans le business quand on fait des recrutements ou quand on a des besoins techniques ou quoi que ce soit, on va embaucher, on va prendre en freelance un consultant. Comme cela, on va récupérer ses 30 ans d’expérience en une journée de consulting qui coûte 1 000 € et on a gagné 10 ans, ou un an, ou 6 mois. Peu importe. En tout cas, tu as gagné du temps.

Olivier Roland : Là, c’est intéressant parce que finalement, comme beaucoup de rebelles intelligents, tu fais quelque chose aujourd’hui qui n’a pas grand-chose à voir avec tes études, même si tu as toujours été dans cette démarche d’aider les gens à se dépasser, etc. Mais ton diplôme de maitre-nageur, j’ai envie de te dire, il y a plein de gens qui ont cela, qui ne sont pas dans ces démarches-là. Aujourd’hui, tu as une équipe de combien de personnes ?

Franck Rocca : 15.

Olivier Roland : Est-ce que tu regardes le diplôme des gens que tu recrutes ?

Franck Rocca : Non. Même, je n’ai jamais demandé de CV. C’est du bullshit pour moi.

Olivier Roland : Et moi non plus. Non, mais cela, je pose souvent la question parce qu’il y a beaucoup de rebelles intelligents qui ne regardent pas. Pourquoi tu ne regardes pas et qu’est-ce que tu regardes à la place ?

Franck Rocca : Déjà, parce que tout le monde le fait et que je n’aime pas faire ce que tout le monde fait, déjà de base. Et deuxièmement, parce que moi-même, je n’en ai pas de CV. Je l’ai toujours fait ainsi, je crois d’ailleurs, quelquefois dans ta vie pour l’administratif, mais je ne sais même pas comment fairet un CV en gros. Et parce que tu mets ce que tu veux dans le CV, c’est du bullshit. Donc, pour moi, ce que je demande depuis quasiment le début, c’est déjà une vidéo pour voir la motivation, voir la facette de la personne et voir son énergie puisque j’ai besoin d’un feeling même si on est en digital, et après surtout son expérience d’ailleurs dans…

Olivier Roland : Juste une parenthèse parce qu’effectivement, toi, tu n’as pas de bureau physique, tu es comme moi. Ton équipe est entièrement remote et travaille à distance.

Franck Rocca : Tout à fait. Et dans la dernière étape, je crois qu’on est en 3 ou en 4 phases de recrutement, la dernière étape où c’est moi qui interviens véridiquement, directement, je m’en fous de ce qu’il a fait et de ce qu’il est… en soi, c’est Ok, cas concret. Là, je lui donne comme s’il était déjà salarié, enfin embauché dans ma boîte freelance, blablabla, je dis « Ok, demain, j’ai cela à faire. » Je lui apporte le contexte et là, je lui demande de filmer son écran et d’avoir le micro ouvert.

Donc, là, il a une demi-heure à peu près pour faire une tâche. Bien sûr, pas une tâche d’une journée, on est bien d’accord. Là, pour avoir le stress de « le patron à côté » et tout cela, pour moi, c’est cela qui me permet de valider si la personne je vais avoir envie, est-ce qu’il a les épaules pour…

C’est cela mon recrutement à moi, mais il n’y a rien du tout de scolaire et tout cela puisqu’on sait très bien, de toute façon, un bac, cela ne sert à rien. Les écoles et les études, cela ne sert à rien et tout cela.

Olivier Roland : Cela ne sert vraiment à rien, à rien du tout ?

Franck Rocca : A perdre du temps, oui.

Olivier Roland : D’accord. Puisque moi aussi, je suis très critique du système scolaire. Tu penses que tout est acheté vraiment ?

Franck Rocca : 90%, mais vraiment.

Et j’aime beaucoup pour ceux qui ont lu le livre d’Idriss Aberkane « Libérez votre cerveau ». Dans le premier chapitre, je crois, il parle, il fait une image entre le buffet et l’école. Tu te rappelles de cela ou tu l’as lu ?

Olivier Roland : Je n’ai pas lu.

Franck Rocca : Très rapidement, mais c’est très intéressant, en gros, imaginez-vous l’école comme un buffet. Là, vous rentrez dans une pièce. Là, pour l’instant, c’est vraiment l’école. Là, vous rentrez dans une pièce, on ferme à clé, et là, il y a 10 kilos de viandes, 10 kilos de poissons, 10 kilos de sucre… Et en fait, on vous dit « C’est maintenant dans cet ordre-là. Tu vas d’abord commencer par le dessert, ensuite la viande, ensuite le machin et de toute façon, tu ne peux pas enchainer si tu n’as pas fini de tout manger ».

En gros, c’est un peu ce qu’on nous impose à l’école. On va apprendre de la géographie, on s’en fout, de l’histoire, on s’en fout, c’est déjà passé, du français, on s’en fout. Tous ces trucs-là, tu t’en fous. Mais j’accélère l’histoire et c’est bien raconté par Idris. Et pourquoi tu m’imposes ? Fais-moi choisir.

Moi, par exemple, j’adorais le sport, le dessin, la géographie. D’ailleurs, on le voit, j’ai visité plus de 40 pays et j’ai vécu dans trois continents. L’histoire, pour moi, c’est du passé, donc pourquoi ? Je ne regarde pas vers l’arrière ?

Olivier Roland : On peut apprendre des choses sur la nature humaine en regardant ce qui s’est passé vu que notre nature humaine reste la même.

Franck Rocca : Oui, mais après, ça, ce sont des points de vue. Attention, je ne suis pas en train de dire, là, je parle pour moi aussi, bien sûr, chacun est différent. Moi, je parle de ce principe-là que comme on va vers l’avant, du coup, je ne regarde pas le passé. Après, cela peut apporter des pourquoi il y a cela aujourd’hui à cause de l’histoire.

Olivier Roland : Mais on dit aussi « l’expérience, c’est une lampe qui éclaire dans le dos » et voilà.

Franck Rocca : Tout à fait. Non, mais ce que je veux dire là, c’est par rapport à l’image d’Idriss, c’est aussi qu’on nous a imposés. Par exemple, peut-être que j’aurais pu aimer l’histoire si on l’avait apporté d’un angle différent. Mais là, en gros, on t’apporte l’histoire à t’apprendre des dates. Mais qu’est-ce que j’en ai à foutre des 1492, tu vois ?

Olivier Roland : C’est clair, oui, et 1515 Marignan et tout cela. Qu’est-ce qu’on s’en fout qu’il y ait une bataille à Marignan ? C’est connu parce que c’est 1515, donc c’est facile à apprendre.

Franck Rocca : Je me rappelle de toute façon que c’était les Etats-Unis et que c’est American Dream, c’est pour cela que je me rappelle.

Pour moi, c’est plus cela. Et c’est pour cela que j’adore les écoles anglo-saxonnes. Et d’ailleurs, je m’étais même affilié à des écoles en Australie parce que l’école en Australie, si je ne me trompe pas, c’est 8h30-12h30 et toute l’après-midi, c’est dehors : 90% de sport et sinon, activité où tu apprends à gérer ton corps dans l’espace.

Pourquoi aussi on a plein d’enfants qui ont des problématiques biomécaniques/physiologiques ? Parce qu’ils ne sont même pas capables de découvrir leur corps parce qu’on ne leur donne qu’une heure par semaine pour le faire. En plus, on les avachit comme cela à écrire sur des feuilles, à avoir du stylo rouge pour dire « tu es un cancre, tu n’es pas bien et tu n’as pas eu 20/20 ». What the fuck en fait ? Cela, moi, cela m’exaspère complètement. Donc moi, président, je réforme l’éducation nationale.

Olivier Roland : Moi aussi, on pourra faire un programme à deux, ça serait intense. Finalement, dans ces habitudes que tu as tous les jours, il y a régulièrement, pour résumer ?

Franck Rocca : Il y a : s’écouter, du sport, bien manger, s’hydrater, avoir des bonnes heures de sommeil malgré tout. Cela, je pense aussi que le sommeil, ce n’était pas à faire, mais il faut quand même avoir du gros sommeil, en tout cas sur des bons horaires, notamment pour les hommes encore plus.

Olivier Roland : Ce n’est pas forcément les choses que la plupart des gens ne le font pas. Moi, je veux vraiment les habitudes que tu… Ok, mais s’il y a.

Franck Rocca : Je ne sais pas, c’est difficile à dire ce que les gens ne font pas puisqu’il y en a beaucoup qui le font, mais qui ne le font pas. Mais je vais dire, je pense que c’est vraiment m’écouter. C’est faire ce que j’ai envie quand j’en ai envie. C’est de ne pas attendre pour faire quelque chose. C’est d’avoir toujours « la main à la poche » pour investir, et encore plus quand c’est investir sur moi-même, de me faire coacher des mastermind, etc.

Olivier Roland : Cela, c’est très important. Tu n’hésites pas à payer pour ta propre éducation.

Franck Rocca : Depuis que je gagne de l’argent, c’est entre 100 et 200 000 € par an d’investissement pour aller imputer mon cerveau de nouvelles valeurs entre les mastermind ici. D’ailleurs, je fais partie d’un même mastermind aux Etats-Unis, en gros, déjà celui-là, juste le mastermind avec les hôtels, les avions… c’est quasiment 100 000 € à l’année.

C’est vraiment tout cela. Et pour moi, je pense que cela doit être expliqué à l’école, c’est d’être capable d’investir pour apprendre et de te permettre d’aller assouvir ta passion ou en tout cas ce que tu aimes pour découvrir le monde d’un œil différent.

D’ailleurs, si on a des enfants ou on en veut. On aimerait et on va faire un tour du monde avec eux pour leur faire découvrir toutes les cultures, tous les continents et qu’ils aient au final déjà plusieurs langages, tu aurais des nounous qui parleraient plusieurs langues.

Et en gros, l’idée, c’est cela. C’est un peu le résumé de tout ce qu’on vient de dire. C’est leur donner dès leur enfance le choix de ce qu’ils veulent. Ok, je parle plusieurs langues, j’ai découvert plusieurs cultures, qu’est-ce que j’ai envie de faire dans ma vie ?

Olivier Roland : Ok. Merci d’avoir partagé tout cela. Là, je pense qu’on a, ce n’est pas que la deuxième interview du podcast des Rebelles Intelligents, mais tu as explosé le record de la précédente en termes de durée.

Avant qu’on se quitte, est-ce que tu as trois livres à recommander aux Rebelles Intelligents ? Parce que tu sais que là, il n’y a plus probablement que 15% des gens qui sont arrivés jusqu’ici. Donc là, ce sont vraiment les gens

Franck Rocca : Ce sont les meilleurs.

Olivier Roland : Oui, ce sont les meilleurs et ce sont les gens les plus motivés. Alors, quels sont les trois livres que tu pourrais leur recommander ?

Franck Rocca : Désolé, peut-être qu’ils ne sont pas tous en français. Le premier, moi, ce qui m’a fait, en tout cas un des derniers qui m’a fait comme toi une sorte de feu sacré il y a 10-12 ans avec Tim Ferriss « La semaine de 4 heures », c’est « Jeff Bezos Letters ». Toi, tu le sais, j’en ai déjà parlé. Pourquoi ? Parce qu’à l’intérieur, il explique vraiment les deux clés de son succès.

Les lettres de Jeff Bezos

Olivier Roland : Juste pour préciser, ce sont des lettres qu’il envoie aux actionnaires tous les ans.

Franck Rocca : Tout à fait, comme Warren Buffett.

Olivier Roland : Warren Buffett que j’ai lu et qui est excellent, oui.

Franck Rocca : Moi, c’est « Jeff Bezos Letters », je n’ai pas encore fini celui de Warren. En fait, il reste sur ces deux choses avec une vision long terme qu’il avait déjà dans les fins d’années 90 quand il a lancé Amazon. C’est vraiment support clients et après qu’il y a en gros que deux décisions à faire dans la vie. La première qui est quasiment irrémédiable, donc l’exemple, vendre un business, c’est compliqué de leur acheter derrière. Celle-ci, Ok, tu prends du temps de réflexion pour la faire. Et la deuxième, toutes les autres décisions où tu peux toujours trouver des solutions et modifier. Par exemple, un recrutement. Tu as fait une publicité qui ne marche pas, tu en refais une, tu la modifies.

Et c’est pour cela que c’est le côté agile d’Amazon d’accélérer et d’avoir gagné X années par rapport à ses concurrents parce que les décisions se font en claquant des doigts parce qu’elles peuvent toujours être modifiées. Cela a vraiment été une grosse ouverture d’esprit pour moi.

La règle? Pas de règles! Reed Hastings - Erin Meyer

Le deuxième, là dernièrement puisque j’ai lu aussi pas mal de livres en audio que je te conseille également, c’est « Rules? No Rules ! » du fondateur de Netflix. Maintenant, il n’est plus CEO, mais le fondateur Reed dans les années 90, fin de l’année 90. Là, pareil, comme on le dit « la règle, il n’y en a pas ». Par exemple, ce sont eux qui ont inventé les vacances illimitées, qui ont été récupérées par Richard Branson avec le groupe Virgin, etc.

Olivier Roland : Cela, en gros, c’est que les employés peuvent prendre toutes les vacances qu’ils veulent dans leur année.

Franck Rocca : C’est cela. Et en fait, tu te rends compte qu’en laissant cette liberté aux salariés, ils sont plus engagés, ils travaillent mieux et ils prennent même moins de vacances. C’est vraiment dingue. Ils avaient une moyenne que de 17 jours, je crois, de moyenne de vacances par salarié. Illimité, tu vois.

Cela m’a ouvert pas mal d’esprit et on est vraiment sur le No Rules dans le sens de : les rebelles intelligents, ils ont fait ce que personne n’avait voulu faire à l’époque parce que juridiquement, ce n’était pas légal.

Et après, un troisième, il va vous surprendre et moi aussi, mais je viens de voir la couverture, c’est « Les 5 langages de l’amour ».

Olivier Roland : Ah bon ! Oui, très bon livre d’ailleurs.

Franck Rocca : Qui se lit en 15 minutes. D’ailleurs, c’est un des seuls, les premiers que j’ai lus presque en entier.

Olivier Roland : Et c’est excellent pour les relations de couple, cela.

Franck Rocca : Relations de couple. Et au final, moi, je m’en sers énormément aussi pour la relation clientèle. Parce qu’au final, tu apprends à savoir que tes clients, en fonction justement de ces langages de l’amour, n’ont pas la même attente envers toi. Et toi, tu peux peut-être comme moi par exemple être vraiment « Ok, là, vas-y, je vais te coacher, je te donne un maximum de choses », sauf que cette personne-là, elle veut des cadeaux ou elle veut de l’argent. Elle ne veut pas là ce qu’on pourrait comparer avec un couple « le côté corporel, toucher, etc. ».

Olivier Roland : La thèse de ce livre, c’est qu’en fait, chaque personne a des choses qu’elle préfère donc dans différentes catégories. Comme tu l’as dit, il y en a qui préfèrent recevoir des cadeaux, d’autres recevoir des services, d’autres qui préfèrent le toucher, etc. Et c’est important dans un couple de bien comprendre quel est le mode de fonctionnement principal du conjoint parce que des fois, on a l’impression de lui faire plaisir alors qu’il s’en fout et pour lui, d’autres choses sont importantes. Et toi, tu l’utilises aussi pour les clients.

Franck Rocca : Ça, et même justement, je parlais d’une ancienne salariée qui était ma directrice marketing à l’époque. C’était facile ou pas, mais en tout cas, je pensais qu’elle aimait les cadeaux, donc je lui faisais des cadeaux, des bonus, etc., des primes et tout cela. En fait, elle, ce n’est pas qu’elle s’en foutait puisque ce n’est jamais, ce n’est pas à l’extrême, mais elle, ce qu’elle préférait, c’est encore plus de « c’est super, c’est bien, tu es excellent, j’adore ton taf… » Cela avait beaucoup plus de valeur que les primes.

Et ça, si tu ne le sais pas, tu continues de faire cela et en fait, ton salarié peut quand même partir parce que tu ne lui parles pas dans son langage. C’est pour cela que je me dis que c’est bien pour le couple, c’est pour l’équipe aussi et également pour les clients, parce que pareil, en fonction de ce que tu vas mettre dans ton programme, dans ton accompagnement, tu sais que tu peux t’adapter.

Alors là, avec des clients il faut presque avoir les 5 langages puisque tu vas avoir tout le monde au final en face de toi. Mais en tout cas, cela m’apporte cette chose qui me manque et également, certainement, par mon passé et par mon côté performeur où les gens pensent que je suis inaccessible au premier abord. En tout cas, on me le remonte assez souvent sur la partie visible de l’Iceberg, on va dire, mais dès qu’ils achètent une formation, dès qu’ils me voient en live sur un webinaire offert ou quoique ce soit, ils voient qu’au final, je suis « comme eux », « je ne suis pas inaccessible » et que je viens peut-être même d’une vie peut-être pire que la leur à la base ou en tout cas identique.

Et c’est vrai que pour cela, je m’en sers beaucoup parce que là, on est même en train d’écrire mon manifesto pour faire prendre conscience aux gens. Quand je dis, j’utilise le mot par exemple « défoncer », cela n’a pas la connotation qu’on a dans le dictionnaire.

Quand tout à l’heure, j’ai parlé aussi avec mon professeur, « insulte », ce n’est pas des insultes, des gros mots. Je pense que je dis peut-être putain et machin, mais je ne dis pas vraiment des gros mots. Et moi, quand je dis « insulte », c’est vraiment de rentrer dans la personne et de lui dire ce que tu penses. Il n’y a pas d’insulte dans la phrase, c’est juste de dire « Ok – donc là pour mon professeur – de toute façon, je m’en fous de ce que tu me dis parce que tu es en train de me dire que je peux gagner de l’argent, alors que toi-même, tu n’en gagnes pas beaucoup ». Il y a vraiment cette décorrélation.

Le dictionnaire Franck Rocca, c’est aussi le manifesto de dire « peut-être que mon énergie vous met une sorte de mur, mais sachez qu’intérieurement, j’ai de la bienveillance extrême et que c’est pour cela aussi que mes clients ont autant de résultats parce que je donne corps et âme envers eux dans les coachings, je réponds à tout le monde, je vais super deep dans les réponses… » Cela, c’est important pour moi de pouvoir le faire parce que chacun est différent.

On a des affinités et des contacts émotionnels qui sont différents et moi, je sais que là-dessus, j’avais énormément de travail à faire et c’est pour cela que cela fait 6 ans que je bosse sur moi en développement personnel, en énergétique, pour justement être plus proche de l’humain, mieux le comprendre et mieux lui parler.

Olivier Roland : Pour terminer, pour les deux personnes qui restent, quel est le conseil que tu peux partager pour les rebelles intelligents qui ont été ultra motivés par tout ce que tu as dit et qui veulent avancer dans la vie ?

Franck Rocca : Prenez une feuille et notez tout ce que votre petite voix vous dit, mais que vous n’osez pas faire.

Olivier Roland : Waouh, excellent. Parfait. Rapide et efficace. Et c’est un très bon conseil cela.

D’ailleurs, pour les trois personnes qui restent, allez, on va être optimiste.

Franck Rocca : Là, tu es en train de dénigrer notre travail. Il reste 100% des gens.

Olivier Roland : Non, je connais les chiffres sur Youtube, tu vois très bien la courbe.

Non, je crois qu’il y a bien plus que cela, mais allez, je pense qu’il y a peut-être 15% des gens qui sont encore là, donc bravo. Bravo à vous, pour votre motivation.

Voilà. Si tu es encore là, c’est que tu es ultra motivé, donc fais cet exercice. Partage dans les commentaires. Tu peux partager tout ce que tu as noté. Si c’est trop intime, tu peux enlever les éléments trop intimes. Ou sinon, si vraiment tu n’as pas envie parce que pour toi, c’est confidentiel, tu nous dis juste « oui, c’est bon, j’ai fait l’exercice, merci Franck », tout simplement.

Franck Rocca : Et ce que cela a apporté tant qu’à faire.

Olivier Roland : Voilà. Donc, merci beaucoup Franck pour tout cela. Je pense que tu as vraiment donné énormément de contenus de valeur pour les gens qui sont ultra motivés. Merci

Franck Rocca : Yes, merci à toi et do it now.

Olivier Roland : Et voilà chers amis Rebelles Intelligents. Si tu es encore là, c’est que tu fais partie des 25%, des 20%, des 2% vu que la vidéo a été très longue des gens qui sont encore là. En tout cas, tu fais partie de la petite minorité ultra motivée.

Et donc, j’imagine que si tu es toujours là, c’est parce que cet épisode t’a plu. Si c’est le cas, je t’invite tout simplement à partager l’amour en assassinant le bouton like de cette vidéo et tu es libre, bien sûr, de le partager.

Est-ce qu’il y a une personne qui, d’après toi, pourrait vraiment bénéficier ?

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